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Comme promis, je vous raconte d’où vient ce projet de cabinet (vous avez le droit de vous en ficher, je raconte juste ma vie 😉).
Petite puis ado, j’étais féministe sans connaître le mot. Les propos sexistes, le harcèlement de rue, les “baisers volés”… c’était (et c’est toujours) le quotidien de toutes les femmes et des filles. Peu d’entre nous atteignent la majorité sans une première main aux fesses (= agression sexuelle).
Dans les années 2000, ça ne choquait pas grand monde, ça faisait juste marrer : “roooh arrête Jean-Mich”. On se rappellera La Méthode Cauet, les “mains baladeuses” d’Arthur dans “À prendre ou à laisser”. Une culture du viol décomplexée d’une époque pas si lointaine.
Moi, j’avais une boule au ventre. Une sensation épidermique, difficile à expliquer. Et plus j’ai grandi, plus ça s’est intensifié. Je suis devenue “la féministe” (comprendre : rabat-joie – si on reste poli) de mes groupes sociaux. Peu d’arguments à l’époque, mais un ressenti profond d’injustice : quelque chose ne tournait pas rond, je le sentais dans ma chair.
À côté de ça, le droit est arrivé un peu par hasard après le bac. En première année, j’ai eu l’impression de comprendre enfin le monde — celui du JT de 20h que je regardais avec mes parents. Comprendre m’a donné un sentiment de puissance énorme.
Alors j’ai exploré, sans vraie stratégie, guidée par la curiosité : droit international, puis droit du numérique (à une époque où personne n’y croyait vraiment), écosystème start-up/tech. Quand certains sont “pénalistes” ou “publicistes”, conseil ou contentieux… moi, il va falloir se lever tôt pour me mettre dans une case.
Puis j’ai découvert Gisèle Halimi et son histoire : comment le savoir lui a donné les armes pour se sortir de la condition qui lui était prédestinée, ses refus dès l’enfance des dictats misogynes dans sa famille, ses combats pour la défense des femmes ayant eu recours à l’IVG et son engagement pour l’empouvoirement des femmes (le terme n’existait pas à l’époque 😉, mais c’était bien ça).
La révélation : le droit n’est pas seulement passionnant, il peut être un outil pour lutter contre cette injustice que je ressens au creux de mon ventre depuis toujours.
Et c’est à ça que je veux désormais consacrer ma carrière. C’est comme ça qu’est né ce projet. 🔥⚖️💜