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lundi avr. 06, 2009

Le Cloud Sun (4 de 4)

Dans mes trois articles précédents, j'ai essayé d'exposer clairement les orientations de Sun. J'ai expliqué nos trois priorités majeures:

1. L'adoption technologique
2. L'innovation commerciale
3. Lier efficacement les 2 premières priorités

J'espère que ces posts vous ont aidé à comprendre les deux premières priorités, à savoir la manière dont nous encourageons l'adoption logicielle et nous axons notre effort commercial.

J'aimerais maintenant aborder ce qui relie ces priorités, tout en examinant l'un de nos plus grands enjeux stratégiques... notre expansion.

Notre puissance de feu commerciale
Tout d'abord, pourquoi notre capacité d'adressage commercial représente-t-elle un enjeu pour Sun ? Pour être clair, je ne parle pas du volume des ventes. Comme je l'ai déjà dit, nous avons une stratégie basée sur l'innovation pour atteindre la profitabilité et non pas basée sur le volume. En fait, je fais référence à l'expansion de notre capacité commerciale et marketing. Avec les produits actuels de Sun, nous pourrions adresser deux fois plus de clients que nous le faisons actuellement. Nos produits séduisent un public beaucoup plus large que notre clientèle actuelle. Mais nous sommes limités par notre taille ; notre force de vente et nos partenaires représentent un dixième des ressources de nos plus gros concurrents.

C'est un problème particulièrement difficile à résoudre pendant un ralentissement de l'activité économique. De toute évidence, c'est un véritable défi que d'augmenter le nombre de clients, tout en diminuant le nombre de salariés.

Mais c'est aussi une opportunité extraordinaire. Nous comptons moins de 100.000 clients à l'échelle mondiale. Pour prendre un seul exemple, il y a plus de 10.000.000 d'utilisateurs MySQL dans le monde et si 1 % d'entre eux devenait de nouveaux clients, nous pourrions plus que doubler notre base installée. La question qui se pose est comment faire ? Nous savons que nous sommes pertinents vis à vis de ces utilisateurs, mais ni nous ni nos partenaires ne pouvons envoyer des commerciaux par avion pour rencontrer ces 10.000.000 prospects.

Pour répondre à cette question, j'aimerais examiner ce qui se passe sur un sujet complètement différent... le business lié au « search » sur Internet.

Détection des intentions d'achat
Pourquoi le « search » est-il si précieux ? Parce que c'est un moyen exceptionnellement efficace de cerner les 'intentions d'achat' ; si un consommateur recherche des « vols pour Le Caire », il est plus que probable qu'il ait l'intention de faire un voyage en Egypte. Il est très intéressant pour les compagnies aériennes, les chaînes hôtelières et les sociétés de location de voitures proposant des prestations aux voyageurs qui vont en Egypte de connaître les intentions du client. Le premier à connaître ses intentions peut offrir ses services pour mettre en relation le voyageur et ces organismes spécialisés pour gagner un peu d'argent au passage (c'est le coeur de la publicité en ligne). Une publicité pour un vol à tarif réduit pour Le Caire, affichée à côté des résultats de la recherche « vols pour Le Caire » a beaucoup plus de chance de générer l'achat d'un billet qu'une annonce sur un panneau d'affichage ou dans un journal. Il est plus facile de concrétiser une vente lorsque le client vient vers vous et qu'il déclare qu'il est intéressé par l'achat de l'un de vos produits.

J'aimerais que vous réfléchissiez au modèle que j'ai décrit dans mes derniers posts : l'activité de Sun démarre par l'adoption massive de logiciels libres... littéralement des millions de produits chaque jour. Mais quel est le rapport avec le « search »?

Et bien, que nous dit le client lorsqu'il télécharge un logiciel ? Selon le produit qu'il télécharge, il nous informe sur ce qui l'intéresse. Si le client télécharge MySQL ou ZFS, il est plus que probable qu'il s'intéresse au stockage des données. S'il télécharge OpenOffice.org, il est vraisemblable qu'il crée, enregistre et peut-être imprime des documents. S'il télécharge VirtualBox, notre logiciel de virtualisation, il nous indique qu'il utilise plusieurs systèmes d'exploitation. Un énorme flux de données de cette nature est envoyé à Sun chaque jour. Elles nous informent de l'intention de nos clients sur l'ensemble du marché mondial de la technologie. C'est le fondement de nos initiatives de marketing analytiques.

Les particuliers et les organisations choisissent d'informer Sun, selon le logiciel qu'ils téléchargent, de l'intention qui les anime. Sun dispose ainsi d'un poste d'observation unique pour la prochaine étape du processus. Si votre entreprise télécharge Lustre, le système de fichiers parallèle leader pour le HPC, il semble évident que vous créez une infrastructure de HPC! Sun n'a pas son pareil pour optimiser ses solutions autour de Lustre, et nous ciblons avec ces offres, une communauté d'utilisateurs que nous savons intéressée. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous croissons sur le marché du HPC. Nous utilisons l'innovation logicielle pour créer la préférence pour Lustre ; la plupart des principaux sites de super calcul l'utilisent à présent. Nous orientons notre développement de produits et de services en vue d'optimiser les infrastructures utilisant Lustre. Nous dirigeons nos activités de vente et de marketing vers des utilisateurs qui nous fournissent leur identité en téléchargeant Lustre ou des livres blancs et d'autres documents associés à ce système de fichiers.

Mais, comme je l'ai dit, l'objectif de la majeure partie des utilisateurs de logiciels libres n'est pas de créer des supercalculateurs valant des millions de dollars… ni de passer des commande pour des logiciels de cette valeur. Mais cette situation nous ouvre de nouvelles perspectives et nous aide, par la même occasion, à résoudre notre défi d'expansion.

Présentation du « Cloud Sun »
C'est dans l'optique de ces perspectives qu'entre en scène le « Cloud Sun » que nous avons lancé aujourd'hui et dont l'objectif est de fournir des services de réseau commerciaux à l'ensemble de la communauté des logiciels libres.

Commençons premièrement par notre annonce d'aujourd'hui.

Ce matin, Dave Douglas, Senior Vice President de notre secteur « Cloud Computing », a annoncé la création du Cloud Sun… à l'aide de nos plates-formes Open Source, de ZFS et Crossbow à MySQL et Glassfish. Avec plus de 4 000 développeurs travaillant sur ces éléments facilitateurs et forts d'une expérience de vingt ans en matière d'innovation logicielle à l'échelle du réseau, nous pensons, en toute confiance, occuper une position technologique dominante. En tirant parti de l'Open Source, nous pouvons, par ailleurs, réduire considérablement nos coûts, grâce à l'élimination des produits de stockage et de réseau propriétaires.

Deuxièmement, nous avons annoncé que les API et les formats de fichiers du Cloud Sun seront tous ouverts, publiés sous licence « Creative Commons ». Ainsi, les développeurs pourront mettre en commun nos services « cloud » et les leurs dans des produits grand public... sans crainte de devenir dépendants de l'un des fournisseurs de « clouds » propriétaires émergents et de risquer un procès.

Troisièmement, contrairement à nos concurrents, nous avons également annoncé que notre « cloud » pourrait être déployé derrière les pare-feu d'entreprise... à l'attention des clients qui ne peuvent pas utiliser un « cloud » public pour des raisons de règlementation, de sécurité ou commerciales. Nous sommes conscients que les données et les processus soumis aux obligations fiduciaires ou aux examens règlementaires ne pourront pas transiter sur les « clouds » publics. Mais si vous ne pouvez pas aller vers le « cloud », le « cloud » viendra vers vous !

Le « Cloud » en développement
Comment les développeurs utiliseront-ils le « cloud » ? Je vais vous donner un exemple très simple. Au sein de Sun, nous déployons une version d'OpenOffice étendue pour le « cloud ». Si vous observez le menu Fichier de cette capture d'écran, vous voyez des options de menu qui n'existent pas dans votre version OpenOffice, mais qui existeront dans la distribution Sun. Les options « Save to Cloud » (Enregistrer dans le Cloud) et « Open From Cloud » (Ouvrir à partir du Cloud) permettent aux utilisateurs OpenOffice d'accéder à notre « cloud » public pour stocker et récupérer des documents à partir du réseau, au lieu de leur PC. Notre déploiement est actuellement en phase bêta au sein de Sun… et, dans la mesure où quelques  3 000 000 de nouveaux utilisateurs rejoignent chaque semaine la communauté OpenOffice, la perspective d'une distribution sous la forme d'un service public, à près de 200 000 000 utilisateurs et à leurs employeurs, est véritablement excitante.

Il en va de même pour VirtualBox, notre produit de virtualisation du poste de travail, utilisé par des millions de personnes dans le monde entier. Plus tard dans le courant de l'année, les utilisateurs VirtualBox verront apparaître une nouvelle fonction proposant un service de téléchargement pour les utilisateurs souhaitant sauvegarder ou exécuter plusieurs OS/ piles applicatives dans le « Cloud » Sun. Les utilisateurs nous ont déjà indiqué qu'ils faisaient tourner plusieurs systèmes d'exploitation. Maintenant que nous connaissons leur intention, il ne reste plus qu'un simple pas à franchir pour offrir un « cloud » et de la valeur ajoutée. De la même manière, l'adoption de Glassfish et de NetBeans nous aide à découvrir des développeurs d'applications, susceptibles d'être intéressés par l'exécution et/ou le stockage d'applications dans le « cloud ».

Ainsi, outre les services d'infrastructure de base auxquels s'attendent les développeurs (stockage, calcul, bande passante), nous offrirons aux dizaines de millions d'utilisateurs de logiciels libres une bibliothèque de services de « cloud » et de modèles de conception, conçus pour leur permettre de mieux tirer parti des logiciels sous-jacents, tout en encourageant le développement de la communauté autour des « clouds » ouverts. Tout reposera sur les centres d'intérêt dont les utilisateurs nous ont déjà fait part.

The Network Is The Computer
Pour moi, le symbole de la vision de Sun est : 'The Network is The Computer'. Les logiciels libres de Sun dont l'étendue et la qualité sont plébiscitées, ont donné naissance à une communauté composée de centaines de millions d'utilisateurs aux quatre coins du globe. L'évolution du « Cloud » et des services « cloud » de Sun, du stockage à distance à l'exécution à distance, nous permet de développer notre marché et de créer de la valeur pour nos clients... malgré le retournement de la conjoncture économique et même grâce à celui-ci. Les « clouds » sont intéressants pour les étudiants, les startups et les clients Fortune 500. Si le « Cloud » Sun vous intéresse, consultez sun.com/cloud.

'The Network is The Computer' est l'une de nos visions les plus fortes pour décrire l'avenir de la technologie que nous concevons. Pour la première fois, nous prévoyons de transformer cette « mission » en modèle économique, en investissant dans la communauté des logiciels libres pour développer notre marché et utiliser notre réseau afin d'augmenter la valeur que nous délivrons ... à un marché et à une communauté de partenaires dont la taille excède largement la nôtre.

En créant ce lien entre adoption et perspectives commerciales, nous anticipons des possibilités quasiment infinies, qui ne se mesurent que par l'étendue de l'adoption que nous pouvons promouvoir dans un monde dans lequel la bande passante est aussi généralisée que l'électricité.... et où l'adoption logicielle continue de se développer.

Cet article est le dernier de la série de blogs expliquant qui nous sommes et quelles sont nos orientations. J'espère qu'ils ont été utiles. Notre modèle est très simple ; nous nous efforçons d'atteindre trois objectifs fondamentaux. Le premier est de promouvoir les logiciels libres dans le monde, parce que c'est bon pour la planète et l'innovation… et bon pour notre activité commerciale. Le deuxième est de fournir les technologies les plus attrayantes au monde pour captiver tant les développeurs que les utilisateurs. Le troisième est d'exploiter ces ressources en créant des opportunités dans le « cloud », pour nos clients, nos partenaires et pour Sun.

Je vous remercie du temps et de l'attention que vous m'avez accordé. A très bientôt.

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mercredi mars 25, 2009

Innovations réseau de Sun (3 de 4)

Comme je l'ai indiqué dans mon précédent post, je fais le point sur les trois principaux impératifs stratégiques de Sun et sur notre évolution alors que nous nous approchons de notre prochain exercice financier. Par ordre de priorité, nos impératifs stratégiques sont :

1. L'adoption technologique
2. L'innovation commerciale
3. Lier efficacement les 2 premiers objectifs.

Cet article principalement axé sur le deuxième impératif, l'Innovation commerciale, passe en revue nos principaux produits, services et stratégies, générateurs de revenus.

Vous connaissez mieux désormais la stratégie de Sun en matière de développement du marché. L'adoption des principales technologies ne fait qu'accroître le marché potentiel de Sun. Lorsque vous commencez à utiliser l'une de nos technologies clés, nos innovations vous paraissent pertinentes. L'avantage de la distribution gratuite, c'est que nous n'avons pas à rechercher des clients, ce sont eux qui viennent à nous.

Trois marchés intéressants émergent. Je consacrerai principalement ce blog aux deux premiers : les produits et les services que nous vendons.

Le premier marché est une évidence. Lorsque le logiciel est téléchargé, il doit tourner sur une machine.

Innovations systèmes
Derrière le logiciel, il existe toujours une plate-forme système. C'est vrai, il peut s'agir d'un ordinateur portable utilisé par un étudiant*. Mais cela peut tout aussi bien être des serveurs, du matériel de stockage et de l'équipement de réseau pour une entreprise Fortune 500... et le marché des systèmes pour le datacenter pèse plus de 150 milliards de dollars, par an.

Sur ce marché du datacenter, nous concevons des systèmes exceptionnels - allant des serveurs d'entrée de gamme incroyablement rapides aux systèmes de classe mainframe les plus efficaces. Nous concevons un stockage ultra rapide - de nos nouvelles plates-formes Flash à nos solutions de bandes et d'archives éco-efficaces. Nous concevons également les commutateurs de réseau les plus rapides au monde, qui alimentent les plus grands supercalculateurs. Nous couvrons l'ensemble du spectre et collaborons avec les partenaires les plus talentueux du marché pour proposer nos services à des clients dans le monde entier. Bien que nous portions une attention particulière à nos propres technologies, parmi lesquelles Java, MySQL et Lustre, nous optimisons également VMware et Microsoft Windows... et nos plates-formes sont reconnues pour une exécution d'Oracle supérieure à celle des autres systèmes.

Vous remarquerez que j'appelle ce qui précède nos 'produits systèmes', pas seulement nos produits matériels. Il va sans dire que ces systèmes ne sont pas simplement des composants matériels. Ils intègrent tous la gestion et la surveillance à distance, la redondance des composants, la virtualisation intégrée, le stockage embarqué et la gestion de réseau. C'est la raison pour laquelle nous réalisons les plus grosses marges du marché***. Je suis très fier de notre équipe systèmes. Ce sont les concepteurs de plate-formes les plus talentueux du monde... et ils sont constamment encensés par la critique.

Mais où va ce marché ? C'est là que ça devient intéressant.

La convergence des systèmes du datacenter - Qui sont les acteurs ? Qui gagne ?
Comme je l'ai déjà dit, les microprocesseurs et les systèmes d'exploitation standards sont maintenant suffisamment rapides pour éliminer le recours à des périphériques spécifiques. Autrement dit, vous pouvez construire un routeur à partir d'un serveur, mais il faut noter que l'inverse n'est pas vrai, même en y mettant toute son énergie. Il en va de même pour les périphériques de stockage.

J'en veux pour preuve que nous construisons maintenant notre gamme complète de systèmes de stockage en utilisant des composants des serveurs standards, tels que Solaris et ZFS, notre système de fichiers Open Source. Nous pouvons ainsi innover sur le terrain logiciel, tandis que les autres fournisseurs doivent créer du silicium «sur mesure» ou augmenter les coûts. Nous prévoyons une gamme similaire de plates-formes de réseau, basées sur le silicium et les logiciels qui font déjà partie de notre portefeuille.

Nous pensons que l'approche propriétaire du marché du stockage et du réseau, et ses flux de profit brut, sont maintenant ouverts à ceux d'entre nous utilisant des plates-formes standards. C'est une bonne nouvelle pour les clients... et pour Sun.

Au coeur de cette convergence se place Solaris, optimisé par des technologies telles que ZFS (autour duquel nous construisons notre ligne de stockage complète) et Crossbow (autour duquel nous construisons des produits de réseau absolument irrésistibles). Les technologues intéressés par ZFS et Crossbow peuvent consulter OpenSolaris.org ou demander un CD OpenSolaris (cliquez sur l'image du CD).

Pour résumer, voici une illustration de mes propos : ces trois marchés (serveurs, stockage et réseau) convergent actuellement, stimulés par les performances brutes du système d'exploitation et du microprocesseur du serveur sous-jacent.

En d'autres termes, ces marchés sont tous ouverts à Sun et à la communauté Solaris. L'utilisation de composants standards bon marché représente pour nous un gros avantage, mais il y en a d'autres. Un système d'exploitation standard nous permet d'adopter des composants spécifiques (de la mémoire flash au GPU)... ou de s'adapter entièrement aux nouveaux protocoles de stockage ou de réseau, au niveau logiciel. Du fait de l'extraordinaire vitesse du serveur et du système d'exploitation sous-jacent, ces extensions et améliorations ne sont que de simples mises à jour des fonctions, et nous pouvons les utiliser sur les serveurs, le stockage et le réseau.

Attention, je ne veux pas dire que les entreprises de réseau ou de stockage n'ont pas leurs propres systèmes d'exploitation. Elles en ont. Pourtant dans les deux cas... ils sont propriétaires, ne comptent qu'un nombre infime d'utilisateurs et, malgré leurs prétendues avancées en direction des normes ouvertes et de la communauté Linux, leur logiciel d'exploitation central n'est pas accessible aux développeurs, il est véritablement propriétaire. Leur OS de niche est également dépourvu de support intersectoriel. C'est pour cela que nos accords OEM Solaris avec IBM, Dell, Intel, Fujitsu et HP revêtent une telle importance pour nos clients finaux; ils savent qu'ils n'auront jamais à dépendre totalement d'une offre propriétaire fermée. Les fournisseurs de stockage et de réseau d'aujourd'hui me rappellent les fournisseurs de serveurs de la fin des années 90. Ils proposent des logiciels coûteux installés sur un matériel tout aussi coûteux. En fin de compte, ces offres de serveurs fermés ont été ouvertes de force par l'innovation.

Chez Sun, l'Open Source n'est pas réservée aux serveurs. Elle s'applique à l'ensemble des datacenters.

Où est l'argent ?
Examinons maintenant le contexte financier de cette convergence. Pour ces fournisseurs de réseau et de stockage, la pénétration du marché des serveurs est synonyme de dégradation de leurs profits, car le marché des serveurs est beaucoup plus compétitif que celui du stockage et du réseau.

A mesure que nous augmentons notre part sur les marchés du stockage et du réseau, nous sommes très heureux de réaliser de plus grandes marges. Notre cas est unique parmi les fournisseurs de plates-formes, car nous fournissons des serveurs, du stockage, du réseau et de la virtualisation très bien intégrés, à nos propres conditions et à nos propres prix. Comment allons-nous nous différencier de nos concurrents ?

Simple. L'intégration, l'innovation et, comme nous tirons parti de l'Open Source et des composants grand public, nous sommes le fournisseur « low-cost ». Nos concurrents seront obligés de nouer toutes sortes de partenariats délicats et de conclure des accords de revente complexes. Ils pourront vendre des produits, mais ne contrôleront ni les logiciels de plate-forme ni les flux de profit.

Comment se porte notre activité Systèmes ? Les secteurs de cette activité, sensibles à l'adoption logicielle, particulièrement l'entrée de gamme de l'ensemble de ces produits, se portent très bien, avec une croissance de plus de 10 %**. Cette activité ne montre réellement des faiblesses que sur le marché des systèmes haut de gamme. Cette situation est révélatrice de deux problèmes. Le premier c'est que les achats des systèmes haut de gamme sont reportés. Il y a un peu plus d'un an, notre activité haut de gamme avait augmenté jusqu'à 20 %. Au dernier trimestre 2008, elle avait baissé de plus de 20 %. Sur l'ensemble du marché, les clients reportent leurs gros achats à plus tard.

Le deuxième problème, et certainement le plus grave, c'est que cette situation est la conséquence de la décision prise dans les années 90 de supprimer Solaris sur Intel. Cette décision avait été motivée par l'idée de protéger l'activité matérielle SPARC de Sun. Cette erreur a provoqué la disparition d'une génération de développeurs Solaris et accéléré l'apparition d'alternatives au matériel SPARC traditionnel. Vous comprenez maintenant pourquoi nous accordons la priorité n° 1 aux développeurs. Ils sont la graine qui donne naissance aux grandes forêts. Si vous n'arrosez pas les racines, les arbres dépérissent.

Mais comment gagner de l'argent en donnant les logiciels gratuitement aux développeurs ? Nous entrons là dans le domaine des Logiciels et Services.

Lorsque la gratuité est trop chère
L'une de mes anecdotes favorites à propos de nos clients met en scène une entreprise américaine qui réalisait près de 30 % de son chiffre d'affaires annuel le jour de Noël. Les combinés de cette entreprise de téléphonie mobile étaient très prisés comme cadeaux de Noël. Ainsi, la plupart de leurs téléphones étaient mis en service sur Internet dans un délai de 48 heures. Lorsque nous avons remporté l'offre pour équiper son datacenter, le DSI m'a remis un bon de commande à la condition que je lui donne mon numéro de téléphone personnel. Il m'a déclaré : « Si j'ai des problèmes à Noël, je veux pouvoir vous contacter pour m'assurer que toutes les ressources disponibles sont utilisées pour les résoudre ». Je lui ai donné mon numéro de bon coeur (puis j'ai vérifié que j'avais les numéros personnels de mes collaborateurs directs). Noël s'est passé sans aucun problème.

Un an plus tard, il nous a émis un bon de commande pour l'achat de plusieurs de nos produits logiciels. Pour m'amuser un peu avec lui (et en compagnie de l'Ingénieur Commercial Sun), je lui ai dit avant qu'il me remette le bon de commande, que les produits étaient libres et qu'il pouvait les télécharger gratuitement.

Il m'a regardé, s'est tourné vers l'Ingénieur Commercial et a dit : « Comment ? ». Alors pourquoi est-ce que je vous paie un million de dollars ? ». J'ai répondu : « Vous pouvez absolument les faire tourner gratuitement. Mais ne m'appelez pas le jour de Noël, je ne ferai absolument rien pour vous ». Il m'a remis le bon de commande. Dans le cadre de son activité, le coût de l'indisponibilité était largement supérieur à celui de la licence et du support.

La majorité des développeurs et des utilisateurs de technologie disposent plus de temps que d'argent. La plupart des lecteurs de ce blog sont heureux de faire tourner des logiciels sans support et nous sommes heureux de les leur fournir. Mais pour une fraction infime de la population, le prix de l'immobilisation excède largement le prix d'une licence ou du support. Pour certaines organisations, le coût de l'indisponibilité se mesure en millions par minute. Si vous assurez le suivi de colis ou d'une flotte d'avions, gérez un réseau de centres d'alerte ou une place boursière, vous avez presque toujours plus d'argent que de temps. C'est précisément à ces cas que notre modèle d'entreprise est parfaitement adapté. Nous offrons un service, un support et des technologies d'entreprise exceptionnelles pour les clients qui disposent de plus d'argent que de temps. C'est une activité lucrative.

Notre activité Logiciels est celle qui connaît la croissance la plus rapide chez Sun. J'ai annexé notre toute dernière synthèse financière à la fin de ce blog. Nos offres englobent l'identité de réseau (créée avec la communauté OpenDS), l'infrastructure applicative (créée avec Glassfish et OpenESB), la gestion de données (créées avec MySQL, ZFS et Lustre) et des logiciels embarqués (tels que Java et le JavaFX émergent)... ainsi que notre système d'exploitation de base et nos logiciels de virtualisation (Solaris, OpenSolaris et VirtualBox). Outre les services qui leur sont associés, les plates-formes Open Source génèrent plus d'un milliard de dollars par an... ce qui fait de Sun le plus grand l'éditeur de logiciels Open Source au monde... et de loin. (Pour ceux qui continuent de demander si nous gagnons de l'argent avec Java, la réponse est oui. Notre chiffre d'affaires est en augmentation et nous devrions atteindre cette année les 250 millions de dollars - c'est l'un de nos secteurs les plus florissants - et il ne s'agit là que de Java sur les équipements grand public, sans prendre en compte les serveurs).

Chaque jour, ces produits font de nouveaux adeptes au niveau mondial. Ils dynamisent les programmes universitaires, les projets d'entreprise et les conceptions gagnantes, influencent les talents... et accompagnent même les campagnes présidentielles. Nous savons que tous les téléchargements ne viennent pas grossir notre chiffre d'affaires ou le nombre de nos utilisateurs ; en revanche, ils font connaître nos produits et permettent aux utilisateurs de nous tester. Une petite partie d'entre eux générera pour nous du chiffre d'affaires et du profit, et c'est ce qui nous importe. Nos commerciaux voient la valeur des bons de commandes... pas le nombre de téléchargements. Le chiffre d'affaires se mesure sur la durée du contrat de service... et c'est un modèle d'entreprise que le reste du marché, au moins pour les produits grand public, sera inévitablement obligé d'adopter. Essayer de contrecarrer des logiciels libres et ouverts, c'est comme essayer de s'opposer aux actualités gratuites ou à la recherche gratuite, c'est comme lutter contre la gravité... et la gravité devient beaucoup plus forte en cas de récession économique.

Conclusion
Dans ce blog, j'ai résumé la manière dont nous transformons l'adoption en chiffre d'affaires, en utilisant des innovations ciblées de grande valeur.

Nous offrons le portefeuille de systèmes le plus efficace et le plus performant au monde, comprenant des serveurs x86 et SPARC, du stockage et du réseau, ainsi que des produits logiciels et des services très attractifs, depuis les logiciels embarqués jusqu'aux systèmes de fichiers haute performance.

Nous avons baptisé tous ces produits 'innovations réseau'. Je sais que cela va à l'encontre de la classification en usage sur le marché, mais c'est précisément la caractéristique de l'innovation... que de bouleverser la classification.

Je n'ai parlé que de deux des trois possibilités qu'offre l'adoption grand public. Je vous invite donc à revenir sur mon blog pour lire le dernier article de cette série qui traitera probablement de la plus précieuse opportunité de toute : un marché stimulé par les innovations décrites plus haut et sur le point de transformer le marché tout entier... symbolisée par notre devise 'The Network is the Computer'.

A bientôt donc.

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i et avant que vous ne portiez un jugement négatif vis à vis de ces utilisateurs, n'oubliez pas que certains des plus gros datacenters/entreprises au monde ont pris naissance sur des ordinateurs portables à l'initiative d'étudiants... une tendance qui, selon moi, ne peut que s'accélérer.

ii Par exemple, l'activité des systèmes x86 de Sun s'est accrue de plus de 11 % au cours du dernier trimestre, tandis que les secteurs comparables de HP et d'IBM ont décliné de plus de 10 %. Pour ceux qui se demandent « Quel est votre différenciateur ? », il vous suffit de demander à nos clients.

iii Comparé à d'autres fournisseurs de serveurs aux normes du marché.

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lundi mars 23, 2009

Adoption technologique (2 de 4)

Comme je l'ai indiqué dans mon post précédent,je vais faire le point sur les trois principaux impératifs stratégiques de Sun et sur notre évolution alors que nous nous approchons de notre prochain exercice fiscal. Par ordre de priorité, nos impératifs stratégiques sont :

1. L'adoption technologique
2. L'innovation commerciale
3. Lier efficacement les 2 premiers objectifs.

Cet article est spécialement consacré au premier impératif : l'adoption technologique. L'adoption n'est pas un phénomène économique, n'impliquant pas de dépense mais un investissement en temps ayant des répercussions financières d'une extrême importance. Je vous donne un exemple :

L'an passé, j'étais avec l'un de nos grands clients et, ayant parcouru avant la réunion, le compte-rendu de mon équipe commerciale, je savais que nous étions dans une bonne situation. L 'analyse de ses téléchargements, m'a permis de constater qu'il utilisait intensément Solaris et OpenSolaris et qu'il disposait d' une importante communauté d'utilisateurs MySQL. Au cours de la réunion, le DSI a déclaré : «nous apprécions beaucoup l'orientation que prend Solaris». Je lui ai ensuite demandé s'il était intéressé par MySQL et il m'a répondu : «J'ai interdit son utilisation».

Pas très encourageant.

J'étais stupéfait. J'ai demandé : «pourquoi ?» Il m'a répondu : «Oracle est notre standard et, avec 20 000 développeurs, il est indispensable de respecter les règles». J'ai affirmé que nous avions d'excellentes relations avec Oracle et ajouté qu'Oracle tournait très bien sur nos nouvelles solutions Open Storage. Jusqu'à ce qu'il m'interrompe : «… mais mon interdiction n'a pas été respectée». Quoi ? «Tous les ans, nous recrutons un grand nombre de collaborateurs qui sortent de l'école et ils connaissent tous MySQL. Toutes les maquettes et avant-projets utilisent MySQL et maintenant j'ai plein d'applications MySQL que je ne veux pas porter, et une équipe de développeurs MySQL que je ne souhaite pas former à une autre technologie. Je suis donc intéressé par avoir une relation commerciale avec vous».

En un mot, il s'agit là de « l'adoption en action ». L'évolution informatique n'est pas uniquement initiée par les décideurs, mais aussi et le plus souvent par les utilisateurs et les développeurs*.

Comparaison entre l'innovation et la revente de l'innovation
Que peut-il en coûter de rater cette adoption. Si Sun devait revendre un serveur x86 monoprocesseur tournant sous Microsoft Windows ou Red Hat, il bénéficierait (au mieux) d'une marge brute de 10%. Très peu d'entreprises ont la capacité de survivre avec une telle marge. Outre cet aspect, lorsque vous revendez les produits d'un autre fournisseur, vous ne créez pas de relation client avec la DSI et ses responsables, la relation se crée uniquement avec leur site Web d'enchères inversées... C'est la même chose lorsque les entreprises high tech revendent un produit qui ne leur appartient pas : il est impossible de se différencier si ce n'est par le prix.

En revanche, si un utilisateur choisit nos produits et construit son stockage sur ZFS, son réseau sur Crossbow ou son application sur MySQL, quel que soit le prix qu'il ait payé, il représente une opportunité commerciale pour Sun. C'est prometteur pour l'avenir. C'est que l'on appelle la valeur d'option positive.

Je ne veux pas entrer dans le détail des aspects financiers, mais lorsque la valeur de la facturation "récurrente" (souvent sous forme d'abonnement) excède la valeur d'un achat ponctuel, le produit ou le service qui déclenche le flux des paiements peut être distribué gratuitement (coût marginal d'un logiciel par exemple), voire peut être largement subventionné (dans le cadre de matériels). C'est pour cela que prolifèrent en si grand nombre les cartes de crédit gratuites, les comptes en banque gratuits, les téléphones portables gratuits, les locations mensuelles gratuites, les réseaux sociaux gratuits, etc. Dans l'univers de la technologie, la gratuité est devenue une nouvelle norme.

Les marchés gratuits
C'est également la raison pour laquelle les marques les plus recherchées autour d'Internet sont *toutes* gratuites : Amazon, Google, EBay, Skype, Yahoo!, Facebook, MySpace, TenCent, etc. Leur portée est plus large et leur affinité avec le grand public plus grande que toutes les autres marques. Sur le marché de la technologie, le même concept s'applique à Linux, Java, MySQL, Firefox, Apache, Eclipse, NetBeans, OpenOffice.org, OpenSolaris; la gratuité est un prix universel qui n'exige aucune conversion de change et qui touche un marché étendu.

Est-ce que Amazon pourrait vous faire payer pour acheter ses produits ? La banque pourrait-elle vous réclamer des frais pour ouvrir un compte ? Et Google facturer vos recherches ? Chez Sun, pourrions-nous facturer le téléchargement de MySQL ou de OpenOffice.org ? Oui... mais cela risquerait d'anéantir ces marques en l'espace de quelques jours. Si vous n'êtes pas gratuit, par définition vous éliminez ceux qui ne peuvent pas payer ou ne sont pas prêts à le faire. Cela signifie donc que votre public est limité... ou mort si vos concurrents prônent déjà la gratuité.

Microsoft est la seule entreprise que je n'ai pas citée dans la liste ci-dessus, et bien que je considère que c'est une super marque, c'est la seule présentant un modèle capable de s'assimiler à de la 'gratuité', tout en gagnant de l'argent sur la distribution de ses produits. En fait, la technologie Microsoft est intégrée dans la quasi-totalité des PC de la planète et passe comme étant 'gratuite' aux yeux des utilisateurs de PC. Son pouvoir de distribution est devenu colossal et peu d'utilisateurs savent qu'ils payent Windows lorsqu'ils achètent un ordinateur.

Ainsi, pour les développeurs (marché cible de Sun) utilisant un PC Windows, les produits Microsoft sont, en effet, déjà gratuits. (Note : Microsoft évolue également inexorablement vers la distribution gratuite ... pour toucher de nouveaux utilisateurs. Il arrive un moment où vous ne pouvez plus intégrer tous les produits dans tous les ordinateurs. Cela équivaut à imprimer l'édition du dimanche d'un journal tous les jours de la semaine).

C'est exactement pour cette raison que nous distribuons gratuitement nos principales solutions logicielles dans le monde entier. Si nous ne le faisons pas, les utilisateurs et les développeurs choisiront le produit gratuit d'un autre fournisseur (ou utiliseront tout simplement celui qu'ils supposent être gratuit). S'ils choisissent un produit tiers en vue de créer leur entreprise ou leur application, Sun devient alors un revendeur, ce qui n'est ni notre mission ni notre modèle économique. C'est un marché libre, dans tous les sens du terme.

Dans mon précédent blog, j'ai rapporté les propos d'un client qui me confiait : «Je n'ai pas fait appel à Sun depuis cinq ans et tout à coup, mes développeurs s'intéressent à vous». Ce client indiquait ainsi qu'il constatait... qu'un plus grand nombre de nos produits étaient utilisés par ses développeurs, de VirtualBox à MySQL, en passant par Glassfish et ZFS. Pour certains utilisateurs, et pratiquement tous les développeurs, les budgets ne se mesurent pas en euros, mais en temps et en attention. Si vous voulez que ce public vous consacre son temps et son attention, vous devez le mériter. Si vous le méritez, une préférence se crée. Chez Sun, nous suscitons cette préférence au détriment des offres concurrentes, qui sont principalement des alternatives propriétaires.

Nos produits sont notre publicité
Les termes «susciter la préférence» sont utilisés dans le milieu de la pub, lorsqu'on parle de création et de promotion d'une marque. Les entreprises utilisent la marque ou la publicité pour faire connaître leurs produits ou créer une préférence pour leurs produits. Nike ou Toyota ont, tous deux, dépensé une fortune pour 'acheter des médias' ou pour acquérir l'espace publicitaire (ou le temps d'antenne) sur lequel ils pourront présenter, gratuitement pour le grand public, les images ou le contenu qui, selon eux, représentent le mieux leur marque.

Pourquoi Facebook ne fait-il pas de publicité ? Parce que Facebook lui-même est une expérience de création et de promotion de la marque. L'utilisation de Facebook suscite la préférence pour Facebook. Son public, mesuré en nombre d'utilisateurs, surpasse presque tous les autres média au monde. Cela n'aurait aucun sens pour Facebook de faire de la publicité, car Facebook est un média.

Pour les publics qui intéressent Sun, les personnes et les entreprises qui créent, déploient ou achètent de la technologie, la situation est la même. Grâce à leur distribution gratuite, nos produits créent leur propre public. Et leur utilisation, de Glassfish à ZFS ou NetBeans, assure une expérience de création et de promotion de la marque (de manière extrêmement positive, si notre travail est bien fait). Alors pourquoi ne faisons-nous pas de publicité sur les media classiques ? Tous les jours le nombre de personnes utilisant nos produits et bénéficiant de cette expérience, surpasse presque l'audience des principaux journaux au niveau mondial.

En multipliant les innovations, et en encourageant même les dérivés qui ne génèrent aucun revenu pour Sun, nous créons une préférence pour l'Open Source, nous faisons mieux connaître Sun dans son rôle d'innovateur et nous supplantons les fournisseurs propriétaires incapables d'attirer un public comparable. Cette préférence est précieuse pour nous et pour les communautés plus larges auxquelles nous participons. Nous le mesurons en termes de notoriété, de pénétration du marché, de développement des compétences et d'expansion de l'écosystème. Une communauté saine est une communauté qui évolue.

L'adoption par un grand nombre d'utilisateurs ou d'entreprises attire aussi les développeurs. Elle peut agir comme catalyseur pour une adoption rapide. Une fois qu'un éditeur de logiciels indépendant (ISV) a choisi votre plate-forme... les collaborateurs de cet ISV lui emboîteront le pas. Si vous êtes compétent, un nombre croissant d'ISV choisira votre plate-forme, ce qui la rendra plus attractive aux yeux des utilisateurs finaux. C'est la raison pour laquelle Red Hat remporte un succès aussi durable avec Linux. Dès qu'Oracle a choisi Red Hat comme première version Linux sur laquelle il a certifié sa base de données, les ISV qui utilisaient la base de données Oracle se sont également certifiés sur Red Hat uniquement, ce qui a placé Red Hat en telle position de force sur le marché que même Oracle n'a rien pu faire pour y remédier.

Ainsi l'adoption gouverne l'écosystème qui génère une plus grande adoption et une plus grande expansion... vous voyez ce que je veux dire. C'est un cercle vertueux, un cercle qui commence par une adoption à grande échelle.

A quoi ressemble l'adoption
Alors, à quoi ressemble «l'adoption» ? Voici une illustration de l'adoption grandissante des logiciels libres dans le monde allant en faveur de certains éléments clés de nos datacenters.

Pour des raisons de concurrence, je ne peux pas préciser les produits indiqués, mais nous sommes très heureux de cette évolution et nous adorons lire des critiques positives sur nos produits, elles aident à générer des pics au niveau de la demande. Les creux correspondent aux week-ends. Gardez à l'esprit qu'il s'agit de ressources de datacenter (comme Glassfish et OpenSolaris), et non d'exécutions grand public (comme Java ou OpenOffice), et que ces téléchargements influencent la conception du datacenter. Tous les jours, nos logiciels peuvent stimuler la préférence au sein des startups, des organisations publics, des universités, des DSI, des éditeurs, des principaux intégrateurs... partout où Internet est présent. Les produits gratuits touchent toutes les personnes intéressées... il n'existe aucune barrière.

Côté grand public, OpenOffice qui, de toute évidence promeut la vision Sun des standards et les formats de données, touche près de trois millions de nouveaux utilisateurs par semaine. Ils viennent s'ajouter à une clientèle que nous estimons entre 150 et 200 millions d'utilisateurs. C'est une belle preuve de diffusion mondiale.

Nos produits sont nos marques, mais aussi l'un des moyens les plus efficaces de faire adopter nos solutions par les utilisateurs, développeurs et OEM, sur des marchés aussi divers que le HPC et le Grid Computing, les bases de données Web, l'infrastructure applicative et la virtualisation du poste de travail. La distribution gratuite et l'accès au code source représentent notre investissement dans la communauté mondiale des développeurs. Nous investissons avec notre code, nos idées et notre temps, et nous favorisons et encourageons les dérivés. Nous en bénéficions en touchant des personnes qui, sinon, auraient été hors de notre portée et en suscitant leur intérêt et leur participation. Même si nous ne sommes jamais payés, c'est une option positive.

Ces cartes avec des «points roses» qui nous montrent les endroits où nos produits gagnent des utilisateurs ayant procédé à l'enregistrement du produit sont une autre façon de mesurer l'adoption. Mes points favoris sur cette carte sont ceux qui se trouvent là où nous n'avons aucune représentation commerciale. J'aimerais saluer tout particulièrement nos utilisateurs des îles Malouines, merci d'avoir choisi Solaris. :)

Quelle est la valeur de cette adoption ? A l'instar de la valeur de la recherche, d'achat ou de création d'un compte bancaire sur internet, il n'existe aucune valeur instantanée au-delà du fait que vous avez choisi d'investir votre temps et votre énergie dans notre écosystème et non dans celui de nos concurrents. A l'échelle mondiale, cela fait de Sun un concurrent des entreprises propriétaires ou des entreprises sans véritable innovation. Par exemple, pour avoir une idée de ce à quoi sont confrontés nos concurrents dans le domaine du stockage propriétaire dans le monde, voyez ce qui se passe lorsque vous tapez «love ZFS» sur Google.

Mais comme c'est le cas pour tous les modèles économiques gratuits, la véritable valeur vient de ce qui intervient après la «gratuité» et c'est ce dont je parlerai dans mon prochain article sur ce blog qui sera consacré aux innovations commerciales.

Je vous remercie d'avoir lu cet article, visionné cette vidéo et pour vos commentaires.

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* comme je le dis souvent aux groupes de CIO : «Lequel d'entre vous a donné l'autorisation à vos employés de faire des recherches sur Google ?» Personne ne lève jamais la main. :)

A mes lecteurs/spectateurs dont l'anglais n'est pas la langue maternelle... je fais de mon mieux pour parler lentement dans les vidéos. Je m'efforcerai d'être encore plus clair dans la prochaine... merci de votre attention !

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lundi mars 02, 2009

Comprendre Sun en trois étapes rapides (1 de 4)

Nous avons fait récemment de nombreuses annonces, tant au niveau des produits que des partenariats. Elles ont suscité un vif intérêt et soulevé un certain nombre de questions. J'ai donc pensé saisir l'occasion pour vous proposer ce tour d'horizon sur le fonctionnement de Sun, au travers d'une vidéo. Dîtes-moi si cette approche est utile ou indiquez-moi (dans le champ «commentaires» en bas de cet article) ce que nous pouvons faire d'autres pour mieux vous informer.

La fin de notre exercice approche et, étant donné les bouleversements économiques auxquels nous sommes confrontés, j'ai pensé qu'il était bon de rappeler les orientations de Sun en tant qu'entreprise, afin d'informer nos clients, nos partenaires, nos employés et nos investisseurs et de leur expliquer nos stratégies. La transparence est toujours utile. Elle l'est doublement en ces temps d'incertitude.

Je me joins tout d'abord à tous les commentateurs inquiets sur l'économie mondiale. Je discute régulièrement avec des clients qui ont été partiellement nationalisés, dont le prix de l'action a chuté de 95% ou plus, dont les bilans et les modèles économiques de base subissent des pressions incroyables. Comme toutes les entreprises, notre santé est tributaire de celle de nos clients ; et dans ce domaine nous avons des défis à relever ; certes, l'innovation prospère en temps de crise, mais ce n'est vrai que lorsque les clients ont relevé la tête et qu'ils se sentent en sécurité.

Le verre n'est pas seulement à moitié vide. Je rencontre également des clients qui n'ont jamais été aussi prospères, des startups dans le secteur des médias aux sociétés de télécommunications, en passant par les organismes publics disposant maintenant de beaucoup d'argent suite au nouveau plan de relance, mais ces heureux bénéficiaires ne représentent qu'une petite minorité.

Sun a la chance d'avoir un bilan particulièrement solide, plus de 3 milliards de dollars en liquidités, et de générer depuis près de 20 ans une trésorerie positive. Nous disposons, par ailleurs, d'un ensemble de technologies et d'une équipe qui continuent à jouer un rôle plus que jamais vital dans l'économie. Les produits Sun aident les entreprises à évoluer et à se consolider. Ils permettent aussi aux gouvernements de stimuler l'économie. De la construction des ponts à l'automatisation du système de santé, le dynamisme du gouvernement entraînera, sans aucun doute, l'investissement technologique, et nous sommes parfaitement positionnés pour participer au processus global.

En résumé, je n'ai d'inquiétude ni sur le rôle que la technologie de l'information jouera dans l'économie, ni sur la pertinence des offres Sun. Je n'ai pas d'inquiétude sur l'avenir, je l'attends le pied ferme.

Je vais décomposer mes commentaires sur l'avenir de Sun en trois ou quatre articles sur mon blog. Celui-ci est le premier. Celui-ci est le premier. Vous allez assister à l'accélération d'une série d'annonces au cours de l'année qui vient, allant de l'amplification de nos offres de stockage Open Source à la création d'un portefeuille de produits équivalents autour de la gestion de réseau ; de l'ajout de nouveaux OEM Solaris et MySQL souvent étonnants, à nos toutes dernières offres de "clouds" et de programmes pour les startups. Je veux replacer l'ensemble dans le contexte, pour être aussi clair que possible sur nos priorités et sur notre stratégie de marché afin de permettre à chacun d'avoir une vue globale.

Allons-y.

Selon moi, notre activité est très simple - lorsque je parle de Sun, je parle des «trois seules choses» que nous ayons à faire.

1. Recruter tous les développeurs sur terre pour utiliser nos logiciels ou nos services.

Cette activité est stratégique et non financière. Ne vous attendez donc pas à ce que l'on parle de chiffre d'affaires sous cette rubrique. Je consacrerai un article complet à l'explication des motivations et des mécanismes sous-tendant l'adoption technologique et aux discussions avec les différents marchés que nous ciblons. Comme me l'a confié, la semaine dernière, le responsable des technologies de développement d'un très grand compte au cours d'un dîner: «Je n'ai pas fait appel à Sun depuis cinq ans et tout à coup, mes développeurs s'intéressent à vous». J'essaierai d'analyser ce commentaire dans mon prochain article.

2. Fournir les offres commerciales les plus irrésistibles du monde - en concentrant nos efforts particulièrement, mais pas exclusivement, sur les utilisateurs des technologies dont nous encourageons l'adoption.

Nos produits logiciels et de service ciblent ceux qui estiment que la gratuité est une solution plus coûteuse que l'alternative commerciale, et pour lesquels le coût de l'indisponibilité excède le prix de la licence commerciale. C'est une petite partie de la planète, mais une cible lucrative. Dans le domaine des systèmes, nos produits englobent les serveurs en rack et lames, les systèmes de stockage et de réseau, en résumé tout ce qu'il faut pour rendre le "cloud" opérationnel.

Je parlerai de la manière dont ce secteur s'appuie sur les développeurs pour promouvoir notre différentiation et augmenter notre marge brute. On verra aussi comment cette différentiation renforce notre avantage concurrentiel à mesure que nous élargissons nos offres sur le marché du stockage et du réseau.

3. Créer le lien vente/service le plus efficace au monde entre l'objectif 1 et l'objectif 2.

Je suis déjà souvent intervenu en public sur les deux premiers points, mais j'ai rarement parlé de ce dernier, en partie parce qu'il était en cours d'élaboration, mais aussi parce que la taille de notre réseau ventes/services représente l'un de nos enjeux stratégiques les plus importants.

Mais l'ordre des priorités est important ; notre première priorité financière consiste à générer des liquidités; notre première priorité stratégique est d'étendre nos marchés potentiels. Lorsque ces deux priorités sont en phase, comme cela semble être le cas dans notre secteur Open Storage, nous devons alors convaincre la communauté des logiciels libres, mais aussi les clients susceptibles d'acquérir ces solutions. C'est une combinaison difficile, particulièrement si vous êtes un fournisseur de stockage propriétaire qui prétend aimer les logiciels libres, sous réserve qu'ils n'entrent pas en concurrence avec vos propres produits.

Comme vous le savez la simplicité demande beaucoup de travail d'ingénierie. Ainsi, il est facile de dire «trois seules choses», mais je ne suggère en aucun cas que ces tâches soient faciles à accomplir. Notre intention est de créer, de promouvoir et de commercialiser des innovations autour de l'informatique en réseau, d'excellente qualité. Des innovations qui captivent les développeurs et les départements informatiques.

Pour comprendre Sun, vous devez comprendre les deux aspects. Vous devez voir ce qui stimule nos performances financières et lire nos rapports financiers. En l'absence de ces deux perspectives, il vous sera difficile de comprendre nos enjeux, les risques et les opportunités.

Fort de ces éléments, vous pouvez vous attendre à ce que les prochains articles de mon blog soient consacrés aux points énumérés ci-dessus, en mettant l'accent sur le marché d'aujourd'hui, et - indépendamment du ralentissement économique -, sur le marché de demain.

Je vous remercie de votre attention.

(Version YouTube de la vidéo ici)

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vendredi févr. 06, 2009

Résultats financiers de Sun - 2ème trimestre

Plutôt que de les réécrire, j'ai décidé de publier telles quelles les notes que j'avais préparées pour l'annonce de nos résultats, qui s'est tenu la semaine dernière.

_______________________________

Merci à tous d'être présents cet après-midi.

Je vais commencer par présenter nos résultats du 2ème trimestre en abordant également la situation économique actuelle, puis je détaillerai ces résultats au niveau des produits, aux diapos 6 et 7 de la présentation. Enfin, je cèderai la parole à Mike Lehman (le directeur financier de Sun). Il vous parlera des performances financières ainsi que du plan de restructuration que nous avons annoncé en novembre.

Globalement, les résultats du 2ème trimestre correspondent à ce que nous attendions. En effet, nous savions que les inquiétudes macro-économiques des entreprises auraient des répercutions un peu partout dans le monde. Ces inquiétudes ont eu pour conséquence le report des achats de systèmes haut de gamme, ce qui explique la baisse des revenus en glissement annuel pour les serveurs SPARC Enterprise, ainsi que pour les activités Stockage et Service correspondantes. Cette tendance caractérisant l'économie depuis environ un an se poursuit donc. Cela étant dit, la croissance de nos secteurs clés ne s'est pas affaiblie, surtout en ce qui concerne l'activité Logicielle. De plus, nos activités commerciales Open Storage, CMT (ou "Niagara") et x86 ont enregistré d'une croissance à deux chiffres.

Comme nous vous l'avions indiqué au trimestre dernier et comme vous pouvez le voir sur la diapo 7, les activités de Sun peuvent être classées en deux catégories : "Traditionnelle" et "Croissance". Les catégories "Croissance" représentent actuellement plus d'un tiers des revenus produits de Sun (contre 23 % l'année dernière), et continuent à créer de nouvelles opportunités non seulement au sein de notre base installée actuelle, mais aussi, et surtout, bien au-delà de cette base, c'est-à-dire au sein d'une clientèle toute nouvelle.

Quant à la catégorie Traditionnelle, il convient de noter que le déclin des systèmes Enterprise SPARC est globalement dû à des reports d'achat. De plus, compte tenu du vieillissement de la base installée des infrastructutres serveurs "critique" , les opportunités de mise à niveau et d'évolution vers des serveurs de dernière génération sont considérables et représentent une perspective d'avenir très positive. Cependant, nous sommes déçus par les résultats, parce que ce déclin se répercute sur les ventes de nos produits de stockage et de nos services associés. Dans un climat commercial de récession, le secteur bande et archivage a su tirer son épingle du jeu, contrairement à nos concurrents. Ce créneau présente également un excellent potentiel à moyen terme.

Passons maintenant aux activités en croissance.

Le secteur des Logiciels a brillé au 2ème trimestre. En effet, les ventes globales de logiciels ont augmenté de 21 % en année glissante et de 52 % d'un trimestre à l'autre. Les ventes de logiciels Java ont augmenté de 47 % en année glissante et nous avons continué à concrétiser notre puissance de distribution dans le secteur des périphériques clients à l'échelle internationale, des ordinateurs personnels aux décodeurs en passant par les portables. En outre, nous avons présenté notre nouvelle plate-forme JavaFX aux OEM du monde entier. Les appareils mobiles et les périphériques connectés au réseau continuent à bien se vendre. La plate-forme Java est utilisée par des milliards de clients et représente donc pour nous une activité commerciale de plus en plus intéressante.

Le revenu issu de MySQL et des logiciels d'infrastructure a augmenté de 55 % en année glissante , suite à l'augmentation de la demande de Middleware Open Source (gestion des identités, gestion de bases de données et logiciels d'intégration). L'une des conséquences de la crise économique a été une recrudescence de l'intérêt suscité par les logiciels libres et Open Source. Nous constatons que les responsables financiers ne sont plus les seuls concernés. En effet, les décideurs du monde entier se penchent désormais sur la possibilité de réduire les coûts en adoptant l'Open Source.

Les ventes Solaris, Administration et Virtualisation ont augmenté d'un trimestre sur l'autre mais pas en année glissante , car les clients abandonnent le système de licences traditionnelles au profit des abonnements (subscriptions) et des offres de service. Nous pensons que cette transition a été globalement achevée au cours de ce 2ème trimestre, ce qui place la plate-forme Solaris et OpenSolaris dans le tiercé de t^te pour le Cloud Computing, avec Windows de Microsoft et Linux. Les atouts de Sun (Java, OpenSolaris, MySQL, xVM, etc) lui assurent un positionnement idéal de fournisseur de la plate-forme logicielle Open Source la plus exhaustive du monde, pour l'informatique d'entreprise et, surtout, pour Internet.

Passons à l'activité Systèmes.

Les ventes de nos systèmes Chip Multi Threading basés sur Solaris (que l'on appelle également plates-formes CMT ou Niagara) ont augmenté de plus de 30 % en année glissante au 2ème trimestre. En analysant nos revenus aux 1er et 2ème trimestres de l'année fiscale 2009, nous constatons que les systèmes CMT représentent des ventes de plus de 1,4 milliard de dollars par an pour Sun et bénéficient d'une croissance à deux chiffres. En outre, Power d'IBM et Itanium de HP étant uniquement proposés dans des configurations haut de gamme, nos plates-formes Niagara constituent les seules alternatives crédibles pour les clients AIX d'IBM et HPUX de HP. Nous continuons à élargir nos offres Niagara. En effet, nous avons récemment lancé le T5440, un serveur puissant de milieu de gamme étayé par la base croissante de serveurs de volume Niagara, au format lames ou racks, afin d'étoffer nos produits de plates-formes x86.

À ce propos, le revenu du 2ème trimestre de la gamme Sun de serveurs X64 basés sur Intel et AMD a augmenté de 11 % enannée glissante . Les serveurs lames, comprenant les systèmes basés sur processeurs SPARC, Intel et AMD, ont réalisé encore un excellent trimestre, avec une augmentation des ventes de 62 % en année glissante . Nous pensons que ces performances reflètent le gain de parts de marché sur le créneau des serveurs racks et lames, qui nous permettra, grâce à une empreinte plus importante sur le marché, de vendre plus de logiciels, de services et de solutions de stockage à plus forte marge.

Ainsi, les ventes de produits Open Storage ont augmenté de 21 % en année glissante , ce qui s'explique partiellement par la transition opérée vers la gamme Sun Storage 7000, également appelée "Amber Road", pour laquelle nous notons un intérêt croissant des clients et des partenaires. Basées sur des composants standards et le fameux système de fichiers Open Source ZFS , ces plates-formes offrent d'immenses avantages en termes de ratio prix/performances par rapport aux fournisseurs de solutions NAS propriétaires. Avec plus de 2 000 partenaires formés et certifiés pour vendre Amber Road, et compte tenu de l'engouement des clients (au-delà de ce que nous avons jamais constaté pour un nouveau produit de stockage), l'avenir nous semble particulièrement radieux. Il s'agit du premier-né d'une ligne complète de produits basés sur l'Open Storage, adaptés à tous les systèmes, des structures les plus petites jusqu'au stockage dans des systèmes mainframe.

Amber Road va également élargir notre offre d'appliances . Tout comme le système de fichiers ZFS distribué gratuitement crée des opportunités et une notoriété des offres Open Storage de Sun, je pense que notre nouvelle plate-forme Crossbow va créer des opportunités pour Sun sur le marché des réseaux. À l'instar du marché du stockage traditionnel, celui du réseau se caractérise par des prix élevés, des logiciels propriétaires et des plates-formes matérielles propriétaires, ce qui est exactement l'environnement où les logiciels Open Source et les composants standards élargissent le choix des clients et raniment la concurrence. Pour les clients ayant le souci d'optimiser leur budget et leurs infrastructure techniques, c'est un changement bienvenu.

Enfin, je voudrais vous rappeler que les temps difficiles créent des opportunités exceptionnelles pour les entreprises innovantes. Les énormes pressions subies par nos clients internationaux leur ouvrent les yeux et ils s'intéressent désormais aux alternatives que propose Sun pour une vaste palette de logiciels et d'innovations en termes de systèmes. Sun est en mesure de tirer parti de la technologie logicielle et de la plate-forme de développement la plus répandue, des communautés les plus vastes ainsi que des solutions et des moyens de distribution parmi les plus puissants pour créer encore plus de croissance à l'avenir.

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samedi janv. 17, 2009

L'art de la gestion des best-sellers

Dans mon quartier se trouvent deux librairies, qui n'ont vraiment rien en commun.

Spécialisée dans les best-sellers, la première fait la promotion des livres qui se vendent le mieux. Elle exploite efficacement divers présentoirs et techniques de vente pour dynamiser ses affaires. Chaque année, le succès semble au rendez-vous pour ce magasin. La deuxième est un véritable trésor pour ses clients. Dans le voisinage, tout le monde l'adore, appréciant notamment les conseils précieux que prodiguent ses employés. Ces derniers écrivent leurs commentaires sur une petite carte avant de la fixer sur l'une des étagères du magasin. Les livres sont rangés par ordre alphabétique, avec une neutralité qui rappelle les bibliothèques publiques.

La première de ces deux librairies suit étroitement les modes et tendances du marché et modifie ses offres au fil du temps. De toute évidence, ses affaires sont florissantes. La deuxième librairie a beau être adorée de tous, force est de reconnaître qu'elle lutte constamment contre la faillite.

Vous allez peut-être me dire que cette entrée en matière est bien curieuse pour un article consacré aux solutions de stockage dans les Data Centers. Malheureusement, après avoir ingurgité les gros titres déprimants parus dans la presse économique cette semaine, je n'ai pas trouvé mieux. Une nouvelle fois, les médias annoncent des pertes se chiffrant en milliards et des plans de sauvetage d'entreprises qui figuraient parmi les plus prestigieuses au monde. Rassurez-vous, je n'ai aucune envie de parler d'économie (ou d'insister sur l'ironie qui a conduit un analyste de Wall Street à me demander un emploi, après avoir décrété qu'il fallait vendre les actions Sun). Je n'ai pas non plus l'intention de passer en revue les modèles économiques qui gouvernent l'industrie du livre. Je préfère parler du stockage et de la mémoire Flash, qui sont des sujets bien plus intéressants (tout au moins en ce qui me concerne).

Comme vous le savez probablement, la mémoire Flash est rapidement en train de devenir un acteur incontournable dans les Data Centers. Elle donne lieu à des performances exceptionnelles. En règle générale, elle répond bien plus vite aux sollicitations en lecture et écriture que les unités de disque traditionnelles. La différence est considérable puisque la mémoire Flash est plusieurs centaines de fois plus rapide. En outre, la consommation électrique qu'elle induit est faible, voire nulle. Elle n'engendre aucune dissipation thermique et peut résister aux vibrations, aux températures extrêmes et aux chocs. Dernier argument : elle a un nom très accrocheur. Après tout, qui pourrait ne pas avoir envie d'une « mémoire Flash » dans sons Data Centers? Rappelons en passant que contrairement à certaines idées reçues, la mémoire Flash n'est pas moins fiable que les supports sur disque traditionnels. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Sun a récemment lancé une nouvelle solution de stockage bénéficiant d'une optimisation exceptionnelle par mémoire Flash. Le nom de ce produit ? Le Sun Storage 7000. Il s'agit d'un exemple parfait de ce qu'on appelle un système de stockage « Open Storage ». Il comporte des composants Flash et disque, qui côtoient un logiciel Open Source (vous pourrez lire une excellente présentation de ce système en cliquant ici).

Par ailleurs, le 7000 possède une qualité véritablement intéressante : il est capable d'apprendre. Plus il effectue de tâches en entrant en interaction avec des applications et en gérant des données, plus il devient rapide. Les mécanismes qui expliquent ce phénomène ressemblent à ce qui se passe dans les librairies que j'évoquais en début d'article.

La majorité des systèmes de stockage se comportent comme la librairie qui rencontre peu de succès sur le plan commercial. À l'instar d'un système archaïque d'agencement des livres, les données sont classées par le biais d'un algorithme de répartition dans laquelle le degré d'utilisation n'est pas pris en compte. Les disques ne tentent en aucune façon de classer les données en fonction de la fréquence d'accès. Par conséquent, le contenu le plus souvent demandé est obtenu avec la même latence que le contenu le moins populaire. Parfois, la latence est même pire. Les architectes du stockage font de leur mieux pour proposer des solutions de fortune destinées à pallier ce problème. Pourtant, ces tentatives se soldent dans la plupart des cas par un échec, provoquant un important repli forcé sur le provisioning. En d'autres termes, puisant dans leur budget, ils optent pour la solution du « short stroking », qui consiste à placer les données sur les parties externes d'un disque, c'est-à-dire celles qui tournent le plus vite. On obtient ainsi des performances optimales en lecture et écriture. Cette solution s'avère parfois efficace, mais elle engendre des coûts considérables, aussi bien au niveau de l'acquisition que de la consommation électrique, ainsi que de l'utilisation de l'espace, des disques et du temps.

Au contraire, le fonctionnement du 7000 rappelle la librairie qui emploie des méthodes de vente efficaces. Le principe repose sur l'utilisation d'algorithmes (et non pas de personnel administratif dévolu au stockage) pour répartir de manière dynamique les données les plus sollicitées aux endroits qui garantissent la récupération la plus rapide : la mémoire Flash. Je parlais tout à l'heure à un analyste, qui voulait connaître la raison d'être de notre division matérielle, sachant qu'une majorité de notre valeur se situe au niveau de nos ressources logicielles. Cette question illustre parfaitement notre propos : la valeur ne se situe pas dans le logiciel ou le matériel, mais dans les solutions que nous mettons au point pour combiner ces deux domaines.

Le système d'exploitation interne (OpenSolaris, qui fonctionne en osmose avec ZFS) lance « l'échauffement » de l'appareil dès qu'il se met à fonctionner. Il surveille la circulation des données, tient compte des fichiers le plus souvent consultés et les place en cache dans la mémoire Flash. Il est alors possible de les consulter quasiment instantanément. Le 7000 peut ensuite utiliser des disques bien plus lents et à la consommation électrique nettement réduite pour gérer les données consultées le plus rarement. Quel est l'avantage de cette méthode ? Les fichiers les plus utilisés sont obtenus encore plus rapidement que par le système du « short stroking », utilisés par les baies haut de gamme (précisons au passage que ces baies coûtent une fortune). D'autre part, les avantages financiers pour les clients sont indéniables, aussi bien en termes d'acquisition du produit que d'économies réalisés sur la consommation électrique, les systèmes de climatisation, la surface disponible, etc.

Les avantages sont également évidents pour les personnes qui utilisent vos produits et services. En effet, elles peuvent accéder instantanément aux informations qui les intéressent, qu'il s'agisse de la page d'accueil de votre site, du catalogue de vos produits les plus vendus ou du système de prise de commande, ou encore du profil Facebook du pilote qui vient de sauver plus de 185 passagers, en réussissant un amerrissage sur un fleuve de New York. Tout le monde y gagne : vos clients, votre directeur financier et votre famille, qui est ravie de vous voir passer plus de temps avec elle. À ce titre, il est difficile d'imaginer un appareil aussi bien optimisé pour MySQL, Oracle, DB2 et SQL Server, sans oublier Postgres, bien entendu.

Ça tombe sous le sens : en plaçant les livres les plus vendus sur le premier présentoir que voient les clients en entrant dans le magasin, vous aurez plus de chances de leur en vendre que si vous répartissez vos livres par ordre alphabétique, dans l'ensemble du magasin. Il est souhaitable de modifier régulièrement vos promotions et étalages en fonction des changements dans les listes de best-sellers. En vous adaptant à la demande, vous serez mieux en mesure d'en tirer parti. On retrouve ici le principe qui sous-tend le 7000. Il consiste à utiliser l'innovation dans le domaine des systèmes pour éliminer la latence et réduire de manière considérable les coûts d'achat et d'exploitation.

Cette stratégie peut réduire le degré de sympathie dont jouit une librairie de quartier, mais elle permet à Sun de susciter une immense adhésion dans les Data Centers. En outre, elle permet au 7000 de briguer une place parmi les best-sellers dans l'industrie du stockage.

Si vous êtes un revendeur ou un client et que vous souhaitez essayer un 7000 gratuitement, il vous suffit de cliquer ici...

Vous pouvez également cliquer ici pour télécharger gratuitement un simulateur génial. Il permettra aux administrateurs d'observer l'interface utilisateur et d'admirer les capacités de diagnostic du 7000 sans devoir installer d'appareil.

Pour conclure sur le thème des best-sellers, je vous propose de regarder cette vidéo, dans laquelle le 7000 tient l'un des rôles principaux. Vous y découvrirez une méthode à éviter pour optimiser les performances d'un système de stockage.


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mercredi nov. 26, 2008

Une victoire pour l'Open Storage (encore une...)

Wikipedia, l'un des sites Web les plus visités au monde (8ème au top 10, excusez du peu), propose un contenu absolument gigantesque à un public tout aussi colossal. Le processus évolutif de Wikipedia est exemplaire : il s'agissait initialement d'une encyclopédie en ligne, qui est devenue par la suite un moteur de recherche majeur en termes de volume, une source mondiale d'actualités en temps réel, ainsi qu'un puits d'informations pédagogiques, politiques et médicales, sans oublier l'une des marques médiatiques les plus cotées au monde.

Il convient de mettre en évidence que Wikipedia est également une application « Redshift » par excellence. Il s'agit d'un segment du marché évoluant plus vite que la capacité d'innovation technologique de l'industrie. Les entreprises technologiques doivent porter une attention particulière à ces segments Redshift, non seulement parce que ce sont eux qui dynamisent le marché global, mais aussi parce que leur innovation constitue souvent un moteur technologique. Synthétisons : les médias sociaux (j'entends par là les actualités gratuites, les réseaux sociaux, ainsi que la recherche et le partage de contenu) définissent de nouvelles architectures et exigences afin de générer des volumes, des disponibilités et des potentiels financiers que je n'hésite pas à qualifier de radicaux.

Vous imaginez donc le plaisir que j'ai eu en apprenant que Wikimedia avait choisi les plates-formes Open Storage de Sun au lieu des alternatives propriétaires, pour gérer son évolution vers Rich Media, et proposer des vidéos de haute qualité et des contenus basés sur le temps à leur base de clients (soit la bagatelle de plus de 250 millions d'utilisateurs dans le monde). Il s'agit d'une base énorme de clients souhaitant charger et interagir avec un contenu de grande qualité.

À l'instar de Wikipedia, la plupart des principaux sites Web de la planète (jetez donc un œil au top 100, pour voir) sont construits sur une base de données MySQL de Sun. C'est la raison pour laquelle nous venons d'introduire une ligne de plates-formes systèmes conçues spécifiquement pour exécuter MySQL, assurant des performances jusqu'à 3 fois supérieures aux alternatives Whitebox (après tout, il est bien plus facile de vendre à des clients ayant déjà choisi Sun). Nous intégrons également ces offres à notre nouveau portefeuille Open Storage conçu pour exécuter ZFS en générant des performances de 5 à 50 fois supérieures à celles des systèmes traditionnels. Vous pouvez tester ces systèmes en cliquant ici. Choisissez celui que vous voulez essayer, et nous prendrons en charge les frais de port vers et depuis votre site.

Pour rester sur le sujet des systèmes, on m'a demandé de parler de notre récente restructuration logicielle, à savoir la nouvelle ossature à trois branches (Systèmes, Applications et Nuage). Pourquoi ce changement ?

Tout d'abord, il est clair que c'est cette victoire qui constitue notre principale motivation. En effet, je souhaite augmenter la valeur et l'harmonie structurelle que nous offrons aux clients souhaitant exploiter notre logiciel système (comme MySQL et ZFS) à un niveau d'évolution extrême. À cet effet, il est crucial que Sun et nos partenaires OEM développent les efforts les plus concertés possibles en termes de collaboration technique et d'harmonisation entre le matériel et les logiciels.

Ensuite, cette transformation va dans le sens de notre intime conviction : le marché du stockage dépassera en volume celui des serveurs. Cependant, la convergence du stockage et des serveurs empêche de s'en rendre clairement compte, puisqu'ils reposent sur les mêmes composants matériels et logiciels. D'ailleurs, je suis convaincu que l'avenir du réseau sera aussi tracé selon ces lignes, mais je développerai bientôt ma pensée sur ce point.

Enfin, l'adoption et les opérations de distribution/marketing de logiciels sont des concepts indépendants des considérations de chiffre d'affaires. L'adoption de ZFS est imminente ; l'harmonisation technique et commerciale est donc devenue une priorité absolue, d'autant qu'elle est au coeur de l'une des activités apportant le plus de croissance pour Sun (Open Storage basé sur ZFS a augmenté de plus de 150 % le trimestre dernier, ce qui dépasse largement les résultats de nos concurrents propriétaires).

Quel est le potentiel de croissance de Redshift ? Les entreprises telles que Wikipedia ne sont pas les seules à définir de nouvelles exigences d'évolutivité pour l'industrie. En effet, j'ai rencontré la semaine dernière les dirigeants d'une banque en ligne desservant actuellement plus de 100 millions de clients à l'échelle internationale. Dans la foulée, j'ai aussi assisté à une réunion avec les responsables d'une administration publique vouée à assurer des services de renouvellement de permis de conduire et de passeports pour des centaines de millions de citoyens. Redshift décrit les applications, pas les clients (n'oublions pas que Wikipedia emploie du personnel, il ne s'agit donc pas à proprement parler d'une application Redshift).

Dans un monde de réseau ouvert, les applications Redshift deviennent un phénomène de société. Et dans un tel contexte, attention à votre budget informatique ! En d'autres termes, la renommée internationale soudaine d'une start-up de 10 personnes ou d'un distributeur comptant 10 000 employés ne justifie pas de commencer à se ruiner en stockage. Cela explique l'adoption quasi-généralisée de l'Open Source et de l'Open Storage.

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(Mes excuses à la communauté OpenOffice : nous n'allons pas insérer de pubs dans OpenOffice.org, mais nous allons créer des partenariats pour promouvoir et commercialiser StarOffice, et le nuage que nous sommes en train de développer.)

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mercredi nov. 12, 2008

Confidence pour confidence (Java, Microsoft et MySQL)

C'est une tendance à l'échelle mondiale : les clients dépensent de moins en moins. L'impact de ces restrictions est ressenti surtout par les commerces « en dur », par opposition à ceux en ligne. Le nombre de visites en magasin diminue et il devient délicat d'équilibrer les portefeuilles immobiliers financés par endettement face aux caprices de la consommation.

Pour les fabricants de biens de consommation, la distribution est essentielle, car il s'agit d'une vitrine pour leurs produits. C'est pourquoi les principaux fabricants d'ordinateurs dans le monde font des pieds et des mains pour conclure des contrats avec de gros distributeurs (ou bien ils prennent le taureau par les cornes et construisent eux-mêmes leurs centres de distribution).

Pourtant, les marges bénéficiaires dans le secteur de la vente d'ordinateurs sont très serrées. En effet, la plupart des fabricants d'ordinateurs commercialisent de fait le système d'exploitation et les microprocesseurs d'une autre entreprise... Autant dire qu'il s'agit d'un secteur commercial épuisant nerveusement (et financièrement). Quant à Sun, nos centres de distribution ne sont pas focalisés sur le matériel grand public (nous ne fabriquons pas d'ordinateurs), mais plutôt sur les logiciels grand public, dont la popularité se traduit pour nous par de juteuses opportunités commerciales. Pour faire court, si vous utilisez Java ou une autre plate-forme Open Source, Sun peut construire des centres de données différenciés via Internet pour ces appareils. Sinon, c'est beaucoup plus difficile ; pas impossible, mais beaucoup plus difficile.

Pour caractériser la structure du secteur des logiciels grand public, l'image du « cercle vertueux » est invoquée. Les développeurs ciblent les logiciels les plus populaires (comme Firefox, Flash ou Java). Ainsi, ils créent des applications et un contenu que les consommateurs utilisent. Les consommateurs tendent à travailler dans le volume (Internet est gigantesque, ne l'oublions pas). Les développeurs tiennent compte de ces volumes, et ciblent donc les plates-formes les plus utilisées par les consommateurs. C'est cette dynamique qui définit le potentiel commercial de Sun (un jour, un type loin d'être bête s'est mis à sauter sur place lors d'une conférence en scandant « Développeurs ! Développeurs ! Développeurs ! » Amen.)

L'environnement d'exécution Java reste l'une des plates-formes les plus appréciées et utilisées par les développeurs, ce qui en fait mathématiquement l'un des produits logiciels les plus populaires auprès des consommateurs. J'entends déjà les cyniques me rétorquer : « Je ne l'utilise pas, moi ». En fait, il y a de fortes chances que si. N'oubliez pas que Java est devenu un composant invisible mais essentiel d'un grand nombre de services destinés aux professionnels et aux particuliers (des chargeurs vidéo sur les réseaux sociaux aux outils d'analyse boursière). Puisque ce contenu devient de plus en plus populaire, la plate-forme Java le devient aussi forcément, ce qui optimise les opportunités commerciales de Sun dans les centres de données correspondants. C'est la raison pour laquelle nous parlons d'un cercle vertueux.

Ainsi, par la magie de cette logique commerciale imparable, Sun bénéficie d'un nombre de visiteurs exceptionnel : le mois dernier, nous avons distribué plus de 60 000 000 moteurs d'exécution Java à des utilisateurs dans le monde entier. Ce chiffre est en augmentation pour plusieurs raisons : il y a de plus en plus de contenu créé pour Java 6 et JavaFX, qui va sortir bientôt, il y a de plus en plus d'ordinateurs connectés au réseau, et il y a de plus en plus d'employés (à qui l'on confie des ordinateurs portables fonctionnant avec Java). À ce jour, nous évaluons le nombre de moteurs d'exécution Java sur des ordinateurs dans le monde entier à 1 000 000 000 (un milliard, quoi). Ce chiffre augmente chaque jour, et se traduit par une augmentation du chiffre d'affaires de Sun.

Comme c'est le cas pour la plupart de nos logiciels, nous ne distribuons pas de produits pour le plaisir : à l'instar de Google, nos produits sont conçus pour transformer des prospects en clients et pour générer des revenus. Les logiciels en distribution libre, par exemple des fonctions de recherche gratuites, des actualités gratuites ou du shopping gratuit, permettent d'établir un relationnel avec les utilisateurs. Il y a environ deux ans, nous avons conclu un accord avec Google, dont les dirigeants ont su reconnaître la valeur de nos relations avec les clients Java. Tout comme les fabricants d'ordinateurs ont besoin de centres de distribution, Google cherchait à distribuer ses technologies de recherche, par le biais de notre mécanisme de mise à jour Java. Quand nous présentons une mise à jour à un utilisateur, nous pouvons offrir des logiciels sponsorisés à d'autres (par exemple, une barre d'outils Google).

Après d'intenses négociations, nous avons signé un accord, et notre excellent relationnel sert non seulement les intérêts des parties en présence, à savoir Google et Sun, mais aussi ceux des clients. L'année dernière, nous avons renouvelé cet accord, reconnaissant par là même une valeur encore plus importante à cette relation. Cette année, nous avons décidé d'organiser des enchères ouvertes et nous avons reçu des offres provenant de diverses entreprises. Ce processus ne s'est pas fait sans mal, mais étant donné le volume croissant et le dynamisme commercial de Java, il était clair que nous représentons le mode de distribution le plus populaire sur Internet aujourd'hui. De son côté, Microsoft a travaillé sans relâche pour représenter l'offre globale la plus attractive.

La décision d'association avec Microsoft a été basée sur la valeur intrinsèque de cette relation. À ce propos, l'aval de ce géant devrait, selon les estimations, avoir un impact positif pour la promotion de MySQL. Vous en saurez plus bientôt sur ce que nous allons faire ensemble.

Quelle est la valeur de ce contrat pour Sun ? Ce contrat est l'un des accords de distribution les plus importants jamais signés dans le secteur, et fait de Microsoft l'un des principaux clients de Sun. C'est dans ce contexte qu'auront lieu l'année prochaine des enchères très intéressantes, puisque la valeur de la distribution est de plus en plus reconnue universellement. Jusqu'à présent, notre contrat avec Microsoft ne concerne que les États-Unis. Des enchères sont en cours quant aux droits internationaux (ainsi que concernant des produits autres que les barres d'outils pour les États-Unis, peut-être un navigateur, mais je n'en dirai pas plus...).

Qu'en est-il des autres ressources de distribution de grande valeur au sein de Sun ? Je viens de lire un rapport d'analyste qui pose la question de savoir si OpenOffice n'a en fait, jamais été utilisé. Nous exploitons Sun Microsystems sur OpenOffice. En outre, ce produit est utilisé dans le monde entier et nous vendons la licence commerciale à des entreprises prestigieuses désireuses de réaliser de substantielles économies en terme de productivité bureautique.

Nous avons distribué la semaine dernière plus de 3 millions de copies d'OpenOffice 3... voilà une belle preuve de popularité ! Le nombre de téléchargements grimpe en flèche, ce qui représente une base d'utilisateurs située, selon nous, entre 150 et 200 millions de personnes. De plus, la récession mondiale aura pour conséquence d'amplifier encore l'adoption d'OpenOffice. Il est clair que des centaines de millions d'utilisateurs génèrent un énorme trafic. Nous sommes en train de mettre sur pied un partenariat avec une entreprise cherchant à intégrer sa structure et sa marque dans notre distribution de produits binaires... Les possibilités sont infinies, puisque les consommateurs ont tendance à imprimer ces documents, les faxer, les copier et les afficher avec un projecteur (je sais que cela agace mes amis dans la sphère des logiciels gratuits, mais le pouvoir de la marque nous permet d'investir davantage dans la communauté et les fonctionnalités OO.o, dont tout le monde profite).

Verizon met sur pied une enchère similaire pour intégrer un prestataire de recherche à sa technologie sans fil. Cela prouve que nous ne sommes pas les seuls à avoir identifié cette opportunité et à vouloir la capitaliser à l'échelle planétaire. Certes, certaines structures tirent un peu la langue ces temps-ci, mais cela ne signifie pas que le marketing n'a plus aucun intérêt. Le trafic compte toujours, mais dans le contexte économique actuel, la distribution de logiciels est bien plus facile à gérer et à réaliser en espèces sonnantes et trébuchantes qu'un portefeuille immobilier.

Après tout, qui ne souhaiterait pas rencontrer quelques centaines de millions de nouveaux clients ?

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Addendum : Je précise, au cas où ce n'était pas clair, que les utilisateurs n'étant pas intéressés par les barres d'outils peuvent se contenter de décliner l'offre au cours de l'installation. Ils recevront alors leur mise à jour Java sans aucun logiciel sponsorisé.

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lundi nov. 10, 2008

Pour changer de direction, il faut s'arrêter

L'éclatement de la bulle Internet avait fait un bien fou à l'industrie informatique.

Bon nombre d'entre nous avaient trouvé la pilule amère, mais je n'ai jamais entendu un client se plaindre parce que le prix d'une infrastructure informatique était passé de 100 000 à 20 000 $. Cette compression des prix a été favorisée par les logiciels Open Source et la popularité croissante des serveurs polyvalents. Les entreprises qui réalisaient un bénéfice brut de 65 % sur les produits (dont Sun) ont été confrontées à une nouvelle réalité.

Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Depuis, Sun a établi la plus grande division de logiciels Open Source du marché (pour en savoir plus, consultez ce rapport), qui va des logiciels pour plates-formes aux infrastructures d'applications (en passant par les produits de consommation). À l'instar de ce qui se passe pour Google et Microsoft, nos produits sont à la fois une source de revenus et une publicité. Nos marques et nos produits sont reconnus dans le monde entier.

Lundi dernier, nous avons poursuivi le processus de conversion de la notoriété de la marque en chiffre d'affaires, avec la commercialisation d'une gamme intégrale de systèmes MySQL optimisés. Selon nos estimations, il existe environ 11 millions d'utilisateurs de MySQL sur la planète. Nos nouveaux systèmes permettent de tripler la performance de leurs applications. Nous avons donc mis des unités d'évaluation gratuites à la disposition des utilisateurs de MySQL, par le biais des programmes Try and Buy. Cliquez sur l'image ci-contre pour écouter Marten Mickos et John Fowler, qui abordent les possibilités qui s'offrent à nous.

La semaine dernière, j'échangeais avec le DSI mondial de l'un de nos principaux clients, qui a été durement frappé par la crise économique. Alors que je lui expliquais nos intentions dans le domaine de l'Open Storage (qui représentait une croissance de 150 % chez Sun lors du trimestre dernier), il m'a dit : « L'un de vos concurrents vient de m'affirmer que la réputation de Flash était usurpée. » Je lui ai demandé si ce concurrent travaillait pour une entreprise de stockage propriétaire. Il a tenu à protéger l'anonymat de son interlocuteur, mais je connaissais la réponse (et je connaissais probablement le PDG de cette entreprise).

L'industrie du stockage ressemble à s'y méprendre au secteur des serveurs propriétaires à l'époque de l'éclatement de la bulle Internet. On retrouve en effet les mêmes caractéristiques : fermeture, profits exceptionnels et frustration des clients par des frais exorbitants. En d'autres termes, une situation mûrie à point et prête pour le changement. Comme une prune, en somme... La mémoire Flash et les systèmes de fichiers Open Source ne vont pas tarder à révolutionner le paysage informatique et à bouleverser notre secteur.

Comme l'avait déclaré un philosophe remarquable, « pour changer de direction, il faut s'arrêter ». Or, quel que soit l'avis qu'on ait sur ce phénomène, je connais de nombreux clients qui s'arrêtent actuellement. Ils se penchent sur leur avenir. C'est précisément dans ce contexte que nous proposons des plates-formes Open Storage, qui s'appuient sur les mémoires Flash et les logiciels ouverts afin de réduire considérablement les dépenses des clients. Ce faisant, nous souhaitons également améliorer les performances, les capacités et la convivialité de leurs systèmes.

Afin d'étoffer la gamme de produits Thumper, nous avions lancé dans les labos de recherche de Sun un projet qui s'appelait à l'époque FISHWorks (Fully Integrated Software and Hardware). Désormais, nous l'avons intégré à la gamme de produits de stockage Sun Storage 7000.

Le stockage de données sur un disque est relativement simple. En revanche, certains problèmes cruciaux s'avèrent très difficiles à résoudre : la gestion de grandes quantités de données intégralement répliquées, le diagnostic de problèmes sur les systèmes de production, la gestion harmonieuse des pannes de disques et de la planification des capacités ainsi que la gestion de tous les protocoles connus. La problématique s'avère encore plus délicate quand on cherche à ne pas consacrer l'intégralité de son budget à l'achat de licences et matériels propriétaires antédiluviens...

Or, nous avons justement résolu ce type de problèmes.

Pour la gamme de systèmes 7000, l'installation et le provisioning nécessitent environ cinq minutes (oui, vous avez bien lu, cinq) et nous avons éliminé quasiment toutes les procédures complexes liées à la gestion de volumes et aux pannes de disques (n'oublions pas que la technologie ZFS est au cœur de cette solution). Les systèmes 7000 s'appuient sur le microcode le plus évolutif et le plus efficace disponible dans le secteur de l'Open Storage : le noyau OpenSolaris. Les analyses DTrace permettent d'obtenir une appréciation en temps réel des systèmes de production afin de comprendre les performances et les charges de travail. Elles contribuent également à la prise rapide de décisions relatives à la planification des capacités (cliquez sur l'image ci-contre pour voir un exemple de tableau de contrôle). Les systèmes comprennent une suite intégrale de fonctionnalités relatives aux protocoles, à la gestion des données et à la disponibilité. Ces fonctions sont intégrées au système sans impliquer de frais progressifs ou de clés de licence.

Les mordus d'informatique parmi vous seront ravis de savoir que nous avons survitaminé ZFS avec Hybrid Storage Pools. Cette solution permet à ZFS d'optimiser les performances de stockage en répartissant les données sur des mémoires DRAM, Flash optimisées en lecture ou écriture (qui ne sont pas la même chose après tout) et des disques d'appoint à la consommation nettement plus basse. Résultat : une accélération spectaculaire des performances de stockage, assortie d'une baisse toute aussi considérable de la consommation électrique, par le biais d'une gestion transparente. Les applications fonctionnent bien plus rapidement. Pour consulter une liste intégrale de caractéristiques et regarder des vidéos explicatives, cliquez ici.

Les utilisateurs et gestionnaires de solutions de stockage vont constater une nette amélioration de leur qualité de vie, sans même avoir à demander l'aide de leur pharmacien. La baisse continue du prix des mémoires Flash ne pourra qu'amplifier l'effet vertueux de ce phénomène.

Mais pour changer de direction, il faut s'arrêter.

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Essayez un 7000 gratuitement : rendez-vous sur la page Try and Buy, sélectionnez une configuration et faites un essai.

Afin d'asseoir la notoriété de ce produit comme nous l'avions fait pour les systèmes Niagara, nous invitons les lecteurs intéressés par cette offre et ceux qui en ont les moyens à écrire un billet de blog ou une critique sur le sujet (en l'intitulant « fishworks »). À notre entière discrétion, nous sélectionnerons nos articles préférés parmi ceux que nous lirons et nous offrirons un 7000 aux auteurs des critiques les plus intéressantes et constructives. Nous prendrons en compte toutes les opinions (positives ou négatives).

Pour conclure, vous trouverez ici un rappel historique.

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mardi nov. 04, 2008

L'heure du changement a sonné aux États-Unis

Au nom de Sun Microsystems, je tiens à adresser mes félicitations les plus sincères à Barack Obama, qui vient d'être élu Président des États-Unis et prendra ses fonctions en janvier prochain. Il a réussi un exploit extraordinaire.

Je voudrais également féliciter son équipe Internet d'avoir choisi MySQL comme plate-forme de son site Web électoral BarackObama.com.

Pourtant, au risque de décevoir mes lecteurs, je précise que nous ne pouvons pas promettre les clés de la Maison Blanche à tous les utilisateurs de MySQL.

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jeudi oct. 30, 2008

Analyse des perspectives commerciales de Sun - Résultats du premier trimestre

Nous avons communiqué nos résultats le 30 Octobre et sommes revenus en détails sur notre annonce de la semaine dernière.

Nous avons également mis l'accent sur la transparence des activités commerciales de Sun en détaillant nos principales catégories de produits (et en isolant pour la première fois des éléments fondamentaux de notre division Logiciels). Pour écouter l'annonce de nos résultats, cliquez ici. Egalement, voici un résumé rapide du trimestre et de nos activités.

Au niveau commercial pour le premier trimestre, le chiffre d'affaires de Sun a connu une baisse de 7 % en glissement annuel. La chute des ventes de nos produits haut de gamme traditionnels a été compensée par une hausse des ventes de nos nouveaux produits. Nous avons été surpris par l'ampleur de cette chute qui fait écho au sérieux ralentissement dont sont actuellement victimes les États-Unis et l'Europe ainsi qu'aux effets de la crise du crédit que subissent nos clients. Cette débâcle n'épargne aucun pays ni aucun secteur d'activité mais touche principalement les entreprises de services financiers.

Contrairement à ses concurrents, Sun est davantage exposé aux systèmes haut de gamme ; la moindre chute dans le secteur est immédiatement ressentie et ce, malgré la formidable croissance enregistrée par la plupart des marchés émergeants. Par exemple, le marché de la bande pourra difficilement maintenir une croissance de 30 % en glissement annuel pour chacun. Pourtant, nos produits OpenStorage basés sur ZFS connaissent actuellement un taux de croissance de plus de 100 %. Les Petites et Moyennes entreprises qui développent ces produits s'appuient sur l'Open Source et les nouvelles innovations. Elles mettront du temps à détrôner les sociétés plus traditionnelles dans notre compte de résultat.

Dans l'idée d'accroître encore davantage le degré de transparence pour les investisseurs et les analystes, nous avons ajouté à nos mises à jour trimestrielles un nouveau rapport de gestion. Pour la première fois, vous accéderez à une description détaillée de nos performances et vous accéderez au cœur du processus décisionnel de notre stratégie à long terme. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Voici quelques-unes des principales questions qui me sont posées :

Quels ont été les points forts de ce trimestre ?

Le point le plus important à retenir ce trimestre est la performance de nos systèmes CMT (chip multi-threading) basés sur Solaris qui ont de nouveau enregistré une croissance spectaculaire de 80 % en glissement annuel. Ces systèmes exploitent la reconnaissance de Solaris/OpenSolaris ainsi que notre portefeuille de fournisseurs de logiciels indépendants, et tirent parti d'une énergie, d'une efficacité et d'une virtualisation extrêmes. Nous avons justement développé ces qualités grâce au lancement de notre nouveau système CMT : le T5440.

Parallèlement, nos systèmes Open Storage ont enregistré une croissance de plus de 150 % en glissement annuel. Ces systèmes, plus connus sous le nom de Thumpers, bénéficient de notre système de fichier ZFS Open Source, une technologie au cœur des solutions de stockage de Sun. Vous en saurez plus sur l'Open Storage lors d'une conférence qui se déroulera le 10 novembre prochain. Si vous êtes un expert technique et souhaitez avoir un petit avant-goût de ce que nous vous réservons lors de cet événement, cliquez ici.

Enfin, la plupart de nos logiciels ont connu un bel essor, notamment MySQL, Java ainsi que Solaris et la gestion de nos produits de virtualisation. Comme je l'ai déjà mentionné, l'Open Source est un fantastique modèle de distribution qui alimente à merveille le modèle de revenus.

Quels ont été les points faibles de ce trimestre ?

Les activités du secteur traditionnel ont nettement ralenti et les systèmes d'entreprise (nos plus importants systèmes mainframe) ont enregistré une baisse tandis que l'an dernier, à la même époque, ces systèmes connaissaient une augmentation de presque 20 %. Cette baisse est donc une conséquence de la crise économique actuelle. Il est essentiel de comprendre que ces systèmes sont beaucoup moins sensibles aux innovations Open Source ou à l'adoption de Solaris. Ils sont vendus aux clients qui renforcent leurs applications Solaris existantes et comptent sur la qualité, la tolérance aux pannes et notre capacité à fournir des systèmes mainframe évolutifs. Avec l'aide de Fujitsu, nous venons d'étendre cette gamme de produits et quelles que soient les conséquences de la crise, l'informatique d'entreprise traditionnelle demeurera une priorité absolue pour nous. L'expansion de l'informatique d'évolutivité horizontale ne compromet pas l'informatique d'évolutivité verticale, mais pourrait au contraire augmenter la demande au fil des années. IBM avait raison : les mainframes seront toujours sexy (surtout quand ils exploitent Solaris :).

Sur le plan du stockage, le marché de la bande a légèrement chuté alors que nos systèmes de stockage haut de gamme ont connu de la croissance, ce qui a permis une croissance générale du secteur. Nous comptons d'ailleurs sur le lancement de nos innovations Open Storage, qui seront bientôt commercialisées, pour accélérer cette croissance.

Quelles sont les raisons de la baisse des marges brutes ce trimestre ?

Lors de la dernière conférence, Mike Lehman, notre directeur financier, a précisé que la baisse des marges brutes s'expliquait par l'accalmie des ventes de systèmes haut de gamme, les remises et la tarification des composants. De plus, nous avons réalisé ce trimestre une série de dépenses imprévues concernant les transitions de produits, ce qui a fait chuter nos pourcentages de marges brutes d'environ 2 points.

Comment comptez-vous développer votre logiciel si vous le distribuez gratuitement ?

Nous avons décidé de distribuer gratuitement notre logiciel pour atteindre les confins du marché informatique. À terme, nous comptons proposer des abonnements et services payants ainsi que des systèmes optimisés (comme l'Open Storage dont j'ai parlé plus haut). Nous continuons à intéresser des clients ayant déjà adopté notre logiciel. La vente est donc simplifiée par le fait qu'ils utilisent déjà nos produits de base. S'il est de notoriété publique que les étudiants ont souvent plus de temps que d'argent, ce rapport s'inverse chez nos clients, qui considèrent que les interruptions de service et la complexité de gestion sont plus coûteuses qu'un abonnement logiciel.

Ainsi, nos clients paient, et continueront à payer, pour bénéficier de fonctionnalités d'entreprise, d'un service de maintenance et d'un support stratégique relevant de notre division Logiciels, qui recouvre aussi bien des licences que des abonnements et des services.

Les milliards de dollars générés grâce à nos flux de support vous donneront une idée plus précise de la valeur et de l'importance globales de l'activité Logiciels chez Sun (n'oubliez pas que nos logiciels sont Open Source et qu'ils sont donc majoritairement vendus sous forme de service d'abonnement). De plus, il faut reconnaître que la part des contrats de support « service système » imputable à l'activité Logiciels reste tout à fait subjective (ils ne sont pas facturés séparément aux clients). Autant demander à un fabricant de téléphones portables la part de ses revenus qui serait imputable à son système d'exploitation : ces deux éléments font l'objet d'une facturation commune sur le point de vente.

Attendez... est-ce que Java génère des bénéfices ?

Oui, Java compte parmi les produits technologiques les plus rentables pour Sun. Et il ne cesse de s'améliorer. Java constitue l'un des logiciels les plus répandus sur Internet : nous distribuons chaque jour plus d'un million de moteurs d'exécution Java à des utilisateurs de PC dotés de système d'exploitation différents, aux quatre coins du monde. Notre entreprise est donc bien connue au sein d'une vaste communauté d'utilisateurs et, surtout, de développeurs. Nous vous communiquerons bientôt des nouvelles concernant ces volumes de distribution et leur valeur aux yeux de Sun.

Quelles sont les priorités actuelles de Sun ?

Nous restons concentrés sur deux stratégies essentielles. La première consiste à créer les communautés de développeurs affichant le plus grand nombre de membres et la croissance la plus rapide du monde. Nous pourrons ensuite leur fournir les technologies qui serviront de base au développement de leurs propres produits et services. Grâce à MySQL, Java ou OpenSolaris, nous serons en mesure de déterminer et d'influencer leur taux d'adoption grâce à un positionnement très dynamique.

La seconde stratégie consiste à proposer des offres imbattables aux entreprises qui déploient des applications (et ce dans plusieurs secteurs) par le biais de services, d'abonnements commerciaux et de produits système optimisés. Nous leur proposons donc nos services, logiciels et systèmes pour centres de données.

Nous cherchons à satisfaire les clients existants avec nos produits et services existants, tout en ciblant les clients potentiels avec nos investissements dans les logiciels gratuits.

Sur le plan opérationnel, nous nous concentrons sur l'exécution, que ce soit sur le terrain, dans des laboratoires ou pour le compte de nos actionnaires. La crise est un moteur d'innovation, même si elle ébranle les marchés boursiers, et Sun est idéalement placé pour fournir les plates-formes qui serviront de base aux applications Internet de nouvelle génération.

Que pensent les clients ?

Tout dépend de leur situation géographique et de leur secteur d'activité. À Wall Street, on m'a répondu : « Je ne peux pas prendre votre appel pour l'instant : le ciel est en train de nous tomber sur la tête » (ce qui n'est pas loin d'être vrai). À l'inverse, l'un des cadres d'une société de réseau social professionnel s'est dit absolument submergé par les nouveaux comptes.

Dans l'ensemble, j'ai noté trois thèmes récurrents dans les commentaires des clients.

Tout d'abord, il existe de sérieuses préoccupations concernant l'économie mondiale. Les annonces de mauvais résultats financiers freinent la consommation des ménages, ce qui aggrave encore les performances économiques. C'est un véritable cercle vicieux.

Ensuite, il convient de rappeler l'importance croissante de la technologie, notamment dans les domaines suivants : découverte de traitements médicaux, exploitation commerciale, modélisation de chaînes d'approvisionnement et automatisation de processus d'entreprise. La technologie constitue un élément essentiel, même si les budgets sont plutôt serrés à court terme.

En troisième lieu, les clients ont besoin de changement. Une cadre m'a récemment confié que la totalité de son budget secondaire était absorbée par l'augmentation des tarifs pratiqués par un fournisseur propriétaire. Par conséquent, elle recherche une solution alternative et MySQL remplit ce rôle à merveille. Ainsi, la nécessité engendre l'inventivité... et la nécessité se fait ressentir un peu partout en ce moment.

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L'un dans l'autre, Sun et ses clients ont vécu un trimestre difficile. Toutefois, nous sommes portés par notre progression sur les segments technologiques et les marchés émergeants, autant de domaines d'investissement que nous comptons bien développer et accélérer à l'avenir. Ces investissements seront sans doute plus rapidement adoptés par les clients confrontés à de nouveaux choix.

Ne manquez pas les annonces relatives au stockage que nous vous communiquerons le 10 novembre. En effet, tout comme l'éclatement de la bulle Internet a entraîné une vague d'innovations destinées aux serveurs, la crise économique mondiale va bientôt bouleverser l'industrie du stockage.

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Clause de réserve

Le blog de Jonathan contient des déclarations sur les résultats et performances à venir de Sun, notamment des prévisions concernant notre engagement en matière d'informatique d'entreprise, la demande en informatique à évolutivité verticale, la fidélité de nos clients payants, les volumes et la valeur de distribution de Java, les attentes relatives à la communauté OpenOffice, notre stratégie et sa progression, notre positionnement en termes d'applications Internet de nouvelle génération ainsi que nos attentes relatives aux investissements dans les marchés et domaines technologiques émergents. Ces déclarations prévisionnelles sont soumises à des risques et des incertitudes. Par conséquent, les résultats réels peuvent être nettement différents de ces conjectures. Les facteurs qui pourraient faire différer les résultats réels des résultats prévisionnels incluent : la concurrence ; les pressions tarifaires ; la complexité des produits Sun et l'importance du développement et du lancement rapide et réussi de nouveaux produits ; la dépendance de Sun vis-à-vis de ses principaux clients ainsi que de zones géographiques et de secteurs spécifiques ; les retards dans le développement des produits ou l'acceptation des clients et la mise en œuvre de nouveaux produits et technologies ; la capacité de Sun à mettre en place un nouveau système de planification de ressources d'entreprise ; une restructuration, une acquisition ou tout autre événement générant des frais élevés ; l'incapacité à intégrer correctement les entreprises acquises ; la dépendance vis-à-vis de fournisseurs de produits exclusifs ; les risques liés à notre capacité à acheter une quantité suffisante de composants pour répondre à la demande ; les risques liés aux stocks ; les risques liés à la qualité des produits Sun ; les risques liés aux opérations et clients à l'échelle internationale ; la dépendance de Sun vis-à-vis de ses partenaires ; le départ d'employés essentiels et enfin, les risques liés à la capacité de Sun à procéder aux réduction de coût escomptées dans les délais attendus. Veuillez également vous référer aux rapports périodiques de Sun présentés à la « SEC » (United States Securities and Exchange Commission - Commission des titres financiers et des bourses), notamment le rapport annuel sur formulaire 10K correspondant à l'année fiscale s'achevant le 30 juin 2008. Sun décline toute obligation et affirme n'avoir aucune intention de mettre à jour ces déclarations prévisionnelles.

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jeudi oct. 02, 2008

La crise est un moteur d'innovation




Je voudrais vous faire partager une note que j'ai adressée dans le courant de la semaine à l'équipe dirigeante de Sun. J'y évoque les problèmes que subissent actuellement les marchés et la nécessité de mobiliser toutes nos ressources.

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Message :
De : Jonathan Schwartz
Date : 30 septembre 2008 12:02:29 PDT
À : allsun@sun.com
Objet : Actualités, Crise financière, etc.

Vous avez comme moi pris connaissance des nouvelles. Vous savez donc que le Congrès des États-Unis a rejeté un projet de loi fondamental autorisant le Trésor à prendre des mesures pour protéger le secteur bancaire national. Le marché en est tombé à la renverse. Le débat fait actuellement rage parmi les politiciens américains et dans le monde entier : faut-il intervenir pour sauver les institutions en difficulté, ou faut-il adopter une politique attentiste et laisser le marché se réguler tout seul ? Encore aujourd'hui, un certain nombre de banques et d'assureurs ont été sauvés des eaux ou ont sombré corps et biens. Il y a fort à parier que d'autres sauvetages et naufrages feront la une des journaux dans les jours à venir.

Légitimement, des questions se posent sur les conséquences de cette situation sur Sun. Je suis persuadé que presque tous nos clients clés seront affectés ; pas seulement les banques, mais aussi les entreprises de télécommunication, les hôpitaux, les médias, les industries de construction, les compagnies aériennes, les gouvernements, les jeunes pousses, et j'en passe. Tous les clients dépendants du crédit pour financer leur activité, qu'il s'agisse d'universités ou d'entreprises de transport de premier plan, vont se retrouver dans une situation des plus délicates.

Pourtant, si nous prenons le taureau par les cornes, une opportunité exceptionnelle s'offre à nous. Nous devons éviter toute stratégie défensive, obnubilée par l'impact économique sur notre structure. Au contraire, il faut prendre les devants, dans l'intérêt de nos clients et de nos actionnaires.

En effet, il faut bien retenir certains aspects.

1. Nos clients considèrent la technologie comme un moyen de créer de la valeur et d'augmenter la productivité.

Il serait suicidaire pour une entreprise de geler tout nouvel achat de technologie et de recruter plutôt du personnel. Le réalisme économique dicte le contraire : il va devenir crucial d'automatiser le travail au maximum, et de trouver des réponses et des opportunités en exploitant la technologie et non pas en augmentant la base salariale. C'est là que Sun peut faire toute la différence : il va s'agir de nous mobiliser avec nos clients afin de réduire les coûts, d'optimiser le taux d'utilisation de l'informatique, et de mettre en œuvre des changements générant des avantages immédiats et à long terme. Lorsque vous rencontrez des clients, il faut leur demander : « Comment puis-je vous aider ? ». Laissez-les développer : c'est eux qui vous donneront des idées. À n'en pas douter, nous en aurons encore plus à leur proposer. Quant à moi, je contacte les clients et les partenaires pour leur proposer mon aide, et je vous conseille d'en faire autant.

2. Cela dit, nous appliquons une stratégie de développement agressive de notre base de clients.

C'est parce que nos opérations sont concentrées dans les services financiers et les télécommunications qu'il est vital de développer notre base de clientèle. Nous sommes sous-représentés au sein des autres marchés globaux... ce qui constitue en fin de compte un atout de poids. Voici ma consigne pour tous les cadres : réalisez une analyse sérieuse de notre situation, surtout en ce qui concerne nos structures en contact direct avec le marché des entreprises, dans une optique de croissance de nos relations actuelles et de développement de nouveaux clients. J'ai bien dit « et », car la croissance de l'un sans l'autre représenterait un gigantesque coup d'épée dans l'eau.

Il faut absolument développer de nouveaux clients. Pourquoi ?

3. La crise est un moteur d'innovation.

Vous vous souvenez de l'éclatement de la bulle Internet ? La première vague d'adoption de l'Open Source a suivi cet effondrement, il y a six ou sept ans. Ce même engouement pour des structures originales et performantes revient en force, et cette fois, Sun est potentiellement positionné pour tirer magnifiquement son épingle du jeu. Vous voulez une preuve ? Les entreprises adoptent une stratégie consistant à réduire le nombre de fournisseurs de bases de données propriétaires auxquels elles font appel. Conséquence : elles vont se tourner en priorité vers MySQL. De même, dans le souci de réduire leurs dépenses en stockage propriétaire, elles auront tout intérêt à adopter ZFS avec OpenStorage. Comment vont s'en sortir les alternatives propriétaires par rapport à xVM, Glassfish, Lustre ou OpenSolaris ? De mon point de vue, elles n'auront aucune chance. Les opportunités sont partout.

Nous pouvons, et devons, adopter une politique offensive sur tous les fronts. Les produits que nous proposons n'ont jamais été aussi performants : nos tout nouveaux systèmes Batoka et M-Series SPARC, nos serveurs lames Constellation Intel et AMD, nos produits d'identité réseau (dont l'objectif est bien d'automatiser des processus nécessitant énormément de main d'œuvre !), nos excellents clients légers SunRay, sans oublier nos capacités exceptionnelles de Services PS et de support. Si notre portefeuille de produits avait été d'un tel niveau d'excellence au moment de l'éclatement de la bulle Internet, nous aurions fait un malheur et nous aurions aujourd'hui une envergure bien plus confortable.

En d'autres termes, les débats sur ce que les gouvernements américains, européens et asiatiques devraient faire pour doper les performances économiques m'intéressent finalement assez peu. Ce qui me fait tendre l'oreille, par contre, ce sont les questions que se posent nos clients : « Quel SE allons-nous adopter ? », « Quelle est ma stratégie Open Source ? », « Comment puis-je réduire mes dépenses en systèmes propriétaires de stockage ? », « Comment puis-je économiser en termes de puissance et d'espace ? », « Parmi les fournisseurs disponibles, quel est celui qui comprend mes problèmes ? », « Quels sont les fournisseurs qui cherchent à nous aider ? Autrement dit, lesquels sont véritablement mes partenaires ? »

En ces temps de crise, une opportunité en or se présente à nous. Nous allons pouvoir nous distinguer de nos concurrents, et renforcer nos liens au sein du marché, même s'il est dans la tourmente. Effectivement, nos clients vont être sous pression, mais il faut traduire le terme « sous pression » par « ouverts au changement ». Sun doit être l'entreprise qui assure la transition de nos clients, en appliquant nos idées et nos orientations. C'est une porte qui s'ouvre.

Certes, certains de nos clients vont disparaître, mais ils seront remplacés tôt ou tard. Quant au marché, il va réagir comme il l'a fait ces 30 dernières années : il retrouvera le chemin de la croissance, grâce à des entreprises qui auront su exploiter la crise pour optimiser leur valeur et décupler leur vitesse de croissance.

Je veux donc vous assurer que nous analysons soigneusement le marché pour comprendre quel impact la situation aura sur Sun, et pour définir clairement les défis qui nous attendent aux niveaux micro et macroéconomiques. Mon équipe de direction et moi-même ne sommes pas nés de la dernière pluie, et nous avons déjà essuyé bien des grains. Nous disons donc haut et fort que « c'est le moment ou jamais »de saisir l'opportunité qui s'offre à nous et d'établir fermement de nouvelles bases. C'est maintenant que nos clients sont susceptibles de s'ouvrir au changement.

Nous devons absolument être disponibles pour les aider et exploiter cette opportunité.

Jonathan

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mercredi sept. 24, 2008

Comment faire d'énormes économies sur le stockage de données ?

Je tiens à adresser mes félicitations à l'équipe de Greenplum et à nos clients communs de Fox Interactive Media. Cette société a créé MySpace, Photobucket, IGN, FOXSports.com et de nombreux services interactifs générant l'une des plus grosses audiences du Web.

Aujourd'hui, nous avons tous les trois annoncé l'exécution par Fox d'une gigantesque solution de stockage des données de production, construite sur le logiciel de stockage des données de Greenplum et les plates-formes OpenStorage basées sur Solaris/ZFS de Sun (une montagne de serveurs, pour vous servir). En d'autres termes, des logiciels Open Source constituent le cœur de l'une des bases de données les plus volumineuses et abordables au monde.

Fox a rejoint les clients communs de Sun et Greenplum, parmi lesquels LinkedIn ou encore la Bourse de New York, dans la recherche d'innovations et de bases de données Open Source permettant d'augmenter les compétences ainsi que l'efficacité et la rapidité des décisions.

Autrement dit, les clients qui en ont assez des fournisseurs propriétaires, ayant la fâcheuse tendance à augmenter leurs droits de licence pendant les périodes de ralentissement de l'activité économique, disposent d'un éventail d'alternatives très abordables. Les considérations économiques de base sont à la portée de tout le monde.

Félicitations à tous les participants !

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MISE À JOUR : on m'a demandé à plusieurs reprises dans quelle mesure la solution de stockage des données Greenplum/Thumper, dont je vous ai parlé plus haut, soutenait la comparaison avec ses concurrents, en termes de tarif, sachant qu'un fournisseur propriétaire a récemment laissé entendre qu'il était acceptable de faire payer aux clients 15 000 $ par téraoctet. Je pense qu'un prix absurde, et bien trop élevé dans la situation économique actuelle, a peu de chance d'attirer les clients. Mon opinion n'est évidemment pas des plus objectives. Je me renseignerai donc auprès de quelques clients pour avoir une idée du prix qu'ils seraient prêts à payer.

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dimanche sept. 14, 2008

À propos de vin, de virtualisation et de xVM

Je me souviens avoir eu il y a quelques années une conversation avec un groupe de clients, à propos de vin et de virtualisation (deux sujets qui se marient admirablement bien, étonnamment). Le vin, parce que nous organisions un salon dans la Napa Valley, au coeur des vignobles Califonien, et la virtualisation parce que mes interlocuteurs étaient des professionnels des datacenters qui étaient venus discuter de l'avenir.

Tous les participants exploitaient des datacenters de grande capacité. Si quelqu'un les avait accusés de «couver » leurs serveurs, ils auraient répondu à juste titre «Oui, et alors» ? En effet, ils devaient veiller à la fiabilité à toute épreuve de certains des systèmes les plus précieux au monde.

Mais ils commençaient tous à exprimer une préoccupation commune, l'exploitation d'applications sur les grilles « virtualisées » d'une infrastructure de réseau. Le terme « informatique dans les nuages » n'était pas encore à la mode, sinon je suis certain que quelqu'un l'aurait employé.

Aujourd'hui, la virtualisation est un concept simple avec un nom sophistiqué (« v12n » pour les spécialistes - selon cette méthode d'abréviation, je m'appelle « j14z »). Il suffit de scinder un ordinateur physique en plusieurs ordinateurs « virtuels » de plus petite taille, chacun d'entre eux pouvant être équipé d'un système d'exploitation (SE) spécifique et de sa propre pile d'applications.

Cela signifie non seulement qu'un ordinateur virtualisé prend en charge l'exécution de plusieurs SE (basés sur un gestionnaire de machine virtuelle, décrit ci-après), mais que ces SE peuvent changer selon les périodes, la charge de travail et le calendrier. La vision traditionnelle de « l'ordinateur A exploite le SE/l'application B » peut être remplacée par l'approche plus réactive « ces ordinateurs sont disponibles pour des travaux à haute priorité », sans tenir compte du système d'exploitation ou de l'architecture. Par exemple, en cas de pic des achats en ligne, ces transactions pourront être attribuées à un nombre supplémentaire d'ordinateurs « virtuels » qui pourront basculer sur d'autres SE/piles d'applications une fois la période de pointe passée. La capacité, autrefois fixe, devient interchangeable.

Même si la virtualisation des stations de travail n'était pas la priorité de ces clients, la plupart d'entre eux évoluent dans un environnement doté de plusieurs SE, bien que ceux qui en exploitent jusqu'à cinq simultanément (comme moi) restent l'exception. Ils utilisent simplement plusieurs générations de Windows ou ils ont perdu le code source de leurs applications patrimoniales, ce qui les oblige à conserver d'anciens SE (et matériels). La virtualisation des ordinateurs de bureau permet aux utilisateurs d'exploiter plusieurs SE côte à côte sur un même poste de travail. Par ailleurs, elle dissocie les mises à niveau logicielles et matérielles, une innovation qui ravit les directeurs informatiques comme les développeurs.

Dans le cadre du datacenter, la virtualisation permet de réaliser une consolidation très poussée de l'infrastructure. La dissociation des applications et des disques matériels, quant à elle, offre plus d'efficacité en matière de planification des capacités et d'acquisitions de systèmes. Malgré tout l'attrait de cette perspective, certains participants s'inquiétaient d'un échec possible qui remette en cause leurs efforts du trimestre et les économies potentielles, au risque même de leur faire perdre leur emploi. Alors, pourquoi tant d'anxiété ?

Pour tenter de résumer, je dirais que ces clients craignaient que la virtualisation ne réduise à néant leurs patients efforts en vue d'assurer une grande fiabilité. Essentiellement, ils pouvaient « couver » un ordinateur central ou un serveur E25K (« couver » au sens de porter une attention extrême à un équipement particulier), alors que l'informatique dans les nuages est un concept qui peut sembler impalpable. Comparé à un gros système unique, il est aussi plus difficile de comprendre pourquoi un nuage est lent ou imprévisible.

À mesure que le vin dissipait les anxiétés, quelques-uns de mes interlocuteurs ont commencé à ébaucher leur vision idéale d'un environnement informatique dans les nuages (nous avions démarré nos ordinateurs portables pour prendre des notes). En résumé, voici ce qu'ils espéraient obtenir :

Des capacités de diagnostic extrêmement poussées. Les vétérans des datacenters savent qu'il est rare que tout se déroule comme prévu. Dès le début, il est donc plus sûr de partir du principe qu'il faudra faire face à des problèmes, des goulets d'étranglements, mais aussi gérer des opportunités d'optimisation. Ils souhaitaient tous pouvoir répondre en toute sécurité à la question : « Que faire en cas de problème ? » Après tout, leur emploi en dépendait.

Ensuite, ils recherchaient une évolutivité extrême. Ils étaient tous convaincus que l'évolution vers des grilles à croissance horizontale (l'augmentation des capacités par addition d'un grand nombre de petits systèmes ou « scale out ») cèderait la place (selon un tendance récurrente) à un nombre réduit de gros systèmes (l'amélioration des performances ou « scale up »). Nous en avons déjà l'illustration avec l'adoption de processeurs multicoeurs qui permettent de créer des systèmes à 16, 32, 64 ou même 128 voies au sein d'un boîtier unique, reliés par une mise en réseau à très hautes performances.

Mais l'évolutivité s'applique aussi aux frais généraux d'administration. Posséder 16 000 ordinateurs virtualisés (ou, si l'on peut faire la comparaison, 16 000 chiots), c'est formidable jusqu'à ce qu'il faille assurer leur gestion et leur entretien. Souvent, pour un datacenter de grande envergure, le plus grand défi comme les dépenses qui en découlent ne sont pas liés à la technologie mais à l'ampleur des produits ponctuels et du personnel qui gère cette technologie. C'est pourquoi une gestion transparente doit être la priorité numéro un, en gardant à l'esprit une évolutivité extrême (à l'échelle d'Internet).

Ces clients voulaient adopter une approche généraliste, indépendante du matériel et des systèmes d'exploitation. Autrement dit, ils recherchaient une solution qui puisse s'exécuter sur le matériel du fournisseur de leur choix, pas seulement les serveurs et dispositifs de stockage Sun, mais aussi Dell, IBM ou HP. Ils voulaient également une solution qui prenne en charge Microsoft Windows et Linux, pas uniquement Solaris et, idéalement, qui soit adoptée et approuvée non seulement par Sun mais aussi par Microsoft, Intel et AMD.

Et enfin, ils recherchaient une solution Open Source. Après des années passées à tendre vers l'adoption des logiciels Open Source comme base de leurs systèmes, ils ne souhaitaient pas réintroduire des produits propriétaires dans la couche la plus fondamentale de leurs futurs datacenters. Certains voulaient être capables « d'examiner le code » pour plus de sécurité, d'autres souhaitaient être libres d'effectuer des modifications en fonction de leurs charges de travail ou besoins spécifiques.

Sur la base des commentaires exprimés, la réponse était toute trouvée pour l'un des participants : « Pourquoi ne pas utiliser Solaris, tout simplement ? » Tous faisaient appel à Solaris pour leurs déploiements essentiels et en appréciaient les performances, les fonctionnalités de diagnostic (via DTrace) et l'évolutivité à l'échelle des systèmes les plus étendus au monde. C'était la réponse idéale jusqu'à ce que quelqu'un demande : « Les clients Windows souhaitent-ils utiliser Solaris ? Je ne pense pas que ce soit le cas. » La marque « Solaris » n'évoquait pas la neutralité en termes de système d'exploitation, et c'est sur cette neutralité que s'articulait tout notre raisonnement. Mais nous savions que la gamme sous-jacente d'innovations d'OpenSolaris nous fournirait certainement un point de départ optimal.

C'est dans ce contexte général que nos annonces relatives à la virtualisation de la semaine dernière puisent leur origine : la volonté de résoudre les problèmes des développeurs et des opérateurs de datacenter dans les environnements multiconstructeurs. Si vous examinez les aspects fondamentaux de nos offres xVM, vous pourrez constater que nous avons répondu avec précision aux besoins exprimés ci-dessus : nous avons intégré DTrace afin d'offrir des capacités de diagnostic extrêmement poussées. Nous avons exploité l'évolutivité inhérente à nos innovations en matière de kernel pour assurer la virtualisation des systèmes les plus étendus au monde. Nous avons conçu une interface simple et épurée pour la gestion de l'informatique dans les nuages (cette solution s'appelle xVM Ops Center ; cliquez ici pour en savoir plus), de façon à répondre aux besoins de gestion et de provisioning de tous les datacenters, du plus petit au plus grand. Tout cela est disponible via l'Open Source (et téléchargeable gratuitement), avec l'approbation des autres grands noms de l'industrie (ces vidéos de lancement vous permettront de constater que Microsoft et Intel approuvent xVM - Oui, vous avez bien lu, Microsoft a également donné son approbation). Nous nous sommes même appuyés sur ZFS afin de bénéficier d'une bonne base de départ pour la virtualisation du stockage (le prochain objectif à atteindre).

Pourquoi avoir appelé cette solution xVM ? Pour nous assurer que tous comprennent bien qu'elle ne se confinait pas à Solaris : xVM prend en charge la virtualisation de Microsoft Windows, de Linux (Ubuntu, RHEL, entre autres distributions) en plus de Solaris (8, 9 et 10). Les clients peuvent consolider ces systèmes d'exploitation, de même que leur infrastructure matérielle, et utiliser xVM Ops Center pour la gestion et la maintenance de l'ensemble de leur entreprise.

Cette semaine, nous présentons une gamme exhaustive d'offres de virtualisation, qui comprend la virtualisation de postes de travail (xVM VirtualBox), de datacenters (xVM Server), la gestion de systèmes à grande échelle (xVM Ops Center) et la prise en charge Virtual Desktop (xVM VDI et SunRay). Toutes ces solutions sont approuvées et prises en charge par l'industrie, et utilisées par des clients de tout premier plan à l'échelle mondiale.

J'aimerais par conséquent remercier les clients qui ont participé à ce salon il y a quelques années et adresser mes sincères félicitations aux équipes qui ont contribué au lancement de la solution xVM, au sein de l'entreprise Sun et de la communauté de ses partenaires.

Pour rester dans l'état d'esprit des réjouissances suscitées par xVM chez nos clients, nous devrions sans doute organiser notre prochain salon en Champagne...

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dimanche sept. 07, 2008

Le vent du changement souffle sur l'industrie du stockage

Cela fait plus d'un mois que je n'ai pas publié de nouveau billet dans mon blog. Entre temps, trois ouragans ont frappé les États-Unis. Merci à tous ceux qui ont remarqué ce retard et me l'ont signalé.

Sur presque tous les plans, cet été s'est avéré très rempli. Côté clients, les activités n'ont enregistré aucun ralentissement. La conjoncture économique est morose, mais on peut y déceler une bonne nouvelle : la crise qui frappe nombre de nos clients (notamment sur le marché Banque/Finances qui représente une part importante de notre clientèle) intensifie le vent du changement. De nouvelles perspectives s'ouvrent pour les clients soumis à des impératifs budgétaires serrés et ceux qui se lassent de voir leurs fournisseurs augmenter leurs tarifs. En outre, il existe des raisons indéniables de se pencher sur ces nouveaux horizons (rien n'est plus motivant que d'entendre son PDG exiger une réduction des dépenses de 50 %).

Pourtant, l'une des personnes les plus intéressantes que j'ai rencontrées récemment n'était pas un client, mais un analyste boursier appartenant à une institution financière d'envergure mondiale. Les analystes boursiers publient des études destinées aux investisseurs. Ces recherches et analyses financières (gratuites) s'accompagnent de conseils expliquant aux investisseurs s'il est préférable d'acheter, de vendre ou de patienter. Idéalement, ces recommandations se traduisent ensuite par des honoraires liés aux transactions et facturés par l'employeur de l'analyste.

L'analyste dont je vous parle n'avait jamais suivi l'évolution de Sun et préparait sa première évaluation. Il souhaitait axer son étude sur nos projets dans le domaine du stockage. En effet, parmi les clients qu'il avait eu l'occasion d'interroger, un pourcentage de plus en plus élevé s'intéressait au stockage. Un grand nombre d'entre eux évoquait une technologie logicielle Open Source spécifique : ZFS. Avant de me rencontrer, il avait parlé à des collègues informaticiens. Il avait été agréablement surpris d'apprendre que certains d'entre eux utilisaient ZFS à leur domicile. Inutile de dire à quel point il est efficace de s'adresser aux clients chez eux... Si vous voulez recevoir ZFS, cliquez ici ou sur le CD ci-contre.

Bien entendu, chez Sun, le marché du stockage fait l'objet d'une attention toute particulière. L'acquisition de MySQL peut tout autant s'envisager comme l'acquisition d'une solution de stockage que d'un élargissement des capacités de développement de Sun. Dès que l'on parle de mémoire Flash, du versant économique de l'archivage et du système de fichiers parallèle Lustre, on constate l'intérêt suscité par un secteur qui, selon Sun, constitue une formidable opportunité pour les clients (et par là même pour les investisseurs). On assiste à un phénomène de convergence entre le calcul et le stockage. Il y a quelques années, certaines tendances métamorphosaient le marché des serveurs. On avait notamment observé un engagement massif en faveur des communautés de développement ouvertes ainsi que l'émergence d'un modèle évolutif s'appuyant sur des structures personnalisées plutôt que des technologies propriétaires. Nous allons désormais transposer ce phénomène dans le secteur du stockage propriétaire, qui est traditionnellement hermétique.

Bien entendu, l'idée d'orienter les clients vers des communautés de développement ouvertes engendre généralement un accueil frileux de la part de certains analystes du stockage traditionnel (et de nos concurrents), qui croient dur comme fer que "le stockage est trop important pour nos activités pour qu'on se risque à adopter les logiciels Open Source." Je comprends le bien-fondé de ce point de vue mais j'estime que le marché est plus nuancé. Il est vrai que les environnements cruciaux pour les entreprises nécessitent un soutien des produits logiciels. C'est pourquoi nous assurons une assistance commerciale 24h/24 et 7 jours/7 pour ZFS (sur du matériel Sun et même Dell). Pourtant, l'adoption globale de projets-clés en Open Source continuera à favoriser le changement au cœur des centres de données du monde entier. Selon Gartner, 90 % des entreprises mondiales finiront par utiliser des logiciels Open Source. Il ne précise pas le champ d'application de ce phénomène, mais si j'avais à formuler une hypothèse, je dirais : « partout ».

Revenons à notre analyste boursier. Il m'a patiemment demandé : « Cette théorie est très intéressante, mais quand allez-vous récolter les fruits de cette approche ? »

« On le fait déjà depuis l'an dernier », lui ai-je répondu. « Le phénomène va en s'accélérant ».

Comme le savent déjà certains d'entre vous, nous lancions en 2007 des systèmes de stockage basés sur ZFS, les Thumpers. En fin d'année dernière, les ventes de Thumpers s'étaient établies à près de 100 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 80 % en glissement annuel. Sur le plan des capacités, nous avons mis en place environ 90 pétaoctets de stockage Thumper lors de l'exercice financier 2008, dans certaines des installations de stockage les plus sollicitées au monde (augmentation d'approximativement 200 % sur un an). Quel est le moteur de cette croissance ? L'adoption de ZFS constitue l'un des facteurs les plus importants (cette carte permet de voir les zones d'adoption, qui correspondent à des possibilités de revenus). Pourtant, le facteur primordial est la prise de conscience par les clients qu'ils peuvent faire des économies d'argent, d'espace et d'énergie. Par rapport à leurs concurrents, les Thumpers proposent des capacités près de deux fois supérieures, dans un espace deux fois moindre et à moitié prix (1,20 $ par gigaoctet). En outre, ils permettent de faire tourner Windows et Linux sans bouleverser le modèle économique du matériel.

Selon nous, "l'OpenStorage" (systèmes bâtis à partir de structures personnalisées et de codes Open Source) va enregistrer une croissance bien plus rapide que celle du marché du stockage propriétaire. Nous avons l'intention de surfer sur cette croissance. Au cours des prochains mois, vous verrez naître de nombreuses innovations dans le secteur du stockage, visant à satisfaire le large panel de clients qui recherchent des produits à la fois meilleurs, plus rapides, moins chers et plus petits. On peut donc s'attendre à ce que flash, zfs, dtrace et les bons vieux processus d'ingénierie informatique jouent un rôle capital dans les initiatives agressives visant à augmenter les parts de marché au sein du stockage.

Si vous n'avez pas lu notre communiqué la semaine dernière, sachez que notre progression a été validée par des analystes sectoriels. IDC indique que chez les clients, le taux de progression des solutions de stockage sur disque Sun est bien plus rapide que les offres propriétaires de nos concurrents. Par ailleurs, ce chiffre représente une croissance trois fois supérieure à celle du marché. Quelle situation idéale...

Si vous voulez en savoir plus et si vous envisagez d'installer un système Thumper pour faire un essai, cliquez ici et sélectionnez le pays dans lequel vous vous trouvez. Nous proposons des essais gratuits pour la plupart des systèmes Sun dans le monde entier (nous prenons même en charge les frais d'expédition). Si vous appréciez le système, il ne vous reste qu'à l'acheter. S'il ne vous plaît pas, nous nous occuperons de son rapatriement chez Sun et vous ne nous devrez pas un centime (les téléchargements gratuits de matériel sont impossibles mais cette méthode s'en approche beaucoup...).

Comme je l'expliquais à mon analyste, il suffit de se pencher sur les résultats actuels pour voir le rapport entre l'innovation ouverte et la croissance du revenu. ZFS ne va pas transformer la demande générée par nos produits hérités, mais va certainement modifier les opportunités et la physionomie de notre secteur. Pourtant, je ne vous demande pas de me croire sur parole. Ce n'est pas chez Sun que vous trouverez les personnes les mieux placées pour confirmer la validité de notre stratégie. Il est préférable de vous adresser aux acheteurs dans le secteur du stockage. Ces derniers se sentent poussés par le vent du changement.

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